La conscience a toujours suscité l’intérêt des philosophes ainsi que des scientifiques. Bien que nous ayons atteint un degré considérable de compréhension concernant nos méninges, il nous reste encore beaucoup à apprendre sur le sujet, malgré l’avancée de la médecine dans ce domaine.

Une femme épileptique a récemment fait l’objet de tests neurologiques durant lesquels des chercheurs de l’Université Georges Washington ont stimulé une unique partie du cerveau à l’aide d’impulsions électriques pour réussir à activer et à désactiver sa conscience.

Il s’agit d’une étude inédite, offrant un aperçu passionnant des mécanismes neuronaux derrière la cognition.

Publiée dans Epilepsy & Behavior, elle suggère que la conscience est le résultat de l’intégration de l’activité de diverses régions du cerveau, qui font de nos perceptions une seule expérience.

conscience
Gontzal Garcia Del Cano/Flickr

Dans ce sens, le feu Professeur Francis Crick, expert dans l’analyse de l’ADN et son collègue Christof Koch ont émis l’hypothèse selon laquelle le claustrum, qui n’est autre que le cœur de la connaissance, enchaîne l’apport constant d’informations issu de divers réseaux cérébraux.

Aujourd’hui, les auteurs de la dernière recherche ont pu prouver la justesse de leur postulat.

Ils ont, en effet, confirmé qu’une stimulation électrique avec une électrode placée entre l’avant-mur gauche et l’insula antéro-dorsale pouvait mener à une perte de conscience chez la patiente, qui s’est d’ailleurs retrouvée immobile et insensible avec, de surcroît, une respiration pénible.

À la fin de l’expérience, la femme a repris ses esprits, mais n’avait aucun souvenir de l’évènement. Les effets se reproduisaient à chaque tentative, et ce, sur une période de deux jours.

En commençant l’opération par un mot ou des mouvements particuliers, elle a ensuite, progressivement, perdu l’usage de la parole et de la motion.

Cela signifie que sa conscience en était affectée. Par ailleurs, l’absence d’activité épileptique associée a fait comprendre aux experts qu’il ne s’agissait pas d’une simple crise.

Selon les déclarations de Mohamed Koubeissi au New Scientist, le claustrum joue un rôle pivot dans la conscience.

Il pense avoir élucidé le mystère malgré les difficultés d’interprétation des conclusions d’une seule étude de cas, en plus du fait que la malade n’était pas représentative d’un organe normal.

Quoi qu’il en soit, cela ne minimise en rien l’importance et le caractère informatif de cette investigation, d’autant plus que la patiente était éveillée, contrairement à de nombreux autres examens.

Koch reconnaît, bien évidemment, l’intrigue attisée par cette recherche, mais s’est montré optimiste quant au pas positif effectué grâce aux résultats obtenus. 

À l’heure actuelle, nous ne pouvons que nous réjouir des progrès significatifs de la médecine, même si le plus dur reste encore à faire…


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