Pour beaucoup, la vue d’un ensemble de trous ou de bosses est tout simplement insupportable ; cela se rapporte à la trypophobie. Ce genre d’image est omniprésente dans notre entourage le plus proche. On peut l’observer aussi bien chez les crapauds du Surinam, sur un nid d’abeilles ou des bulles de savon. En fait, cette intolérance est pour certains chercheurs bien plus qu’une simple peur et ne se limite pas aux trous et le mystère est encore loin d’être élucidé…

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Entre la peur et le dégoût

Ayant plus de points communs avec du dégoût, la trypophobie a, selon Arnold Wilkins, psychologue à l’Université d’Essex et son collègue Geoff Cole, des origines très ancrées dans la biologie et notre crainte résulte en réalité de formations similaires propres à certaines créatures dangereuses auxquelles nous associons ces groupements qui nous répugnent tant.

Pour confirmer leur théorie, les deux experts ont montré à des personnes des photos représentant une méduse-boîte, une araignée errante brésilienne, un scorpion mortel un taïpan du désert, un serpent cobra royal et un poisson-pierre. Sans oublier un poisson-globe toxique, une grenouille venimeuse et un escargot cône marbré mortel. Toutes ces espèces présentent une apparence rappelant les schémas inconfortables.

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Peripitus/Wikimédia Commons. CC BY 4.0.

Selon les résultats, les gens sont tous enclins à fuir ce genre de figures même s’ils ne souffrent pas de ce même trouble. Cela suggère donc que nous sommes tous tryopophobes sans le savoir.

La revue Psychological Reports a rapporté en 2017 une enquête opposée au fait qu’il y ait un rapport direct entre des bêtes nocives et la pathologie en question

Simple réponse instinctive

Les 94 enfants qui ont participé à l’expérience ont ressenti un certain désagrément lié aux images trypophobes auxquelles ils ont été soumis, mais qui n’avait rien à voir avec une évocation inconsciente concernant des animaux venimeux. Ils estiment que c’est plutôt une réaction primitive inexpliquée de l’esprit face à un aspect visuel bien déterminé, au même titre que le déplaisir que l’on ressent en entendant un bruit irritant.

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Richerman/Wikimédia Commons. CC BY-SA 3.0.

Pour mesurer les réponses des gens aux images trypophobes, An Trong Dinh qui en était lui-même victime, a collaboré avec Wilkins et Cole. Ensemble, ils ont mis au point en 2014 une échelle qu’ils ont publiée dans The Quarterly Journal of Experimental Psychology. Ils ont constaté que les photographies susceptibles de causer la trypophobie ne sont pas tout à fait identiques à ce que l’on peut voir dans la nature. Le manque de lumière et de contraste, les rend en effet beaucoup plus désagréables à voir. Mais ce qui semble échapper aux spécialistes, c’est que des images semblables ne suscitent pas la même réaction. De plus, les personnes se plaignant de cette phobie ont également tendance à se détourner des groupes de bosses. Par conséquent les trous ne sont pas la seule source de cette situation.

Les scientifiques ne savent toujours pas quel ancien facteur de l’Histoire de l’Humanité aurait pu donner naissance à un tel dispositif pouvant entraîner la trypophobie et encore moins confirmer l’existence même de cette structure ou son utilité potentielle dans la continuation du genre humain.

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