Vénus a la ferme intention de faire la une de tous les médias cette année. Ou, du moins, c’est ce qu’il nous semble. Après la révélation sensationnelle de la présence de phosphine dans son atmosphère, bien que très mal comprise, il y a à peine quelques semaines, nous voilà surpris encore une fois d’apprendre une deuxième découverte tout aussi inattendue, mais également porteuse d’espoir, quant à l’existence d’une éventuelle biosignature. Selon les chercheurs, l’atmosphère de la planète contiendrait de l’acide aminé glycine.

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Espoir ou illusion 

L’étude, menée principalement par le Dr Arijit Manna du Département de physique du Midnapore College au Bengale occidental en Inde, est intitulée « Détection de l’acide aminé glycine le plus simple dans l’atmosphère de Vénus ». Notons, toutefois, que les résultats sont encore sur le site de pré-impression arxiv.org et ne seront publiés dans une revue qu’une fois révisés par des pairs.

Par ailleurs cet élément, indispensable au développement des protéines, a été détecté, par spectroscopie, grâce au large Millimeter/submillimeter Array d’Atacama, aux latitudes moyennes, près de l’Équateur.

Les chercheurs estiment que les nuages de Vénus seraient en train de vivre le même processus biologique que celui de la Terre d’autrefois, surtout depuis qu’on y a trouvé de la phosphine. Bref, il y a maintenant, de fortes spéculations, sur le fait que Vénus abriterait un endroit propice à la vie, malgré ses conditions extrêmes. En effet, les experts ont montré qu’en haute altitude (en s’élevant à 48 et 60 km), les températures sont beaucoup plus supportables.

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Quoi qu’il en soit, les auteurs de l’article renvoient la possibilité de survie sur la planète, aux cellules Hadley, circulant entre 70 à 90 jours, en latitudes moyennes. Ce qui d’après eux, est tout à fait suffisant pour reproduire de la vie microbienne. Cependant, la détection de la glycine, ingrédient très important, dans l’atmosphère de Vénus ne peut en aucun cas être une preuve solide et fiable de l’existence de la vie.

Expérience de Miller-Urey (1953).
Wikipédia Commons
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C’est plus compliqué qu’il n’y paraît

Pour mieux comprendre comment cela fonctionne exactement, il convient de cerner d’abord l’origine chimique de la vie sur notre propre planète. Et l’expérience Miller-Urey effectuée en 1953 est la mieux placée pour nous l’expliquer.

Les conditions nécessaires ont été recréées par un mélange d’eau, de méthane, d’ammoniac et d’hydrogène poussé par de l’énergie de façon à simuler l’action de la foudre. Cela a donné naissance à de l’acide glycolique, qui est un ancêtre de la glycine. Les scientifiques avaient alors été convaincus par l’hypothèse de l’abiogenèse, qui pourrait également avoir opéré dans l’atmosphère de Vénus.

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Bien entendu, cette voie n’est pas la seule théorie avancée à ce sujet, d’autant plus que les deux planètes sont complètement différentes. On songe notamment à une réaction synthétique, à partir de molécules simples ou à un procédé photochimique ou géochimique.

Ce que l’on reproche aux résultats de la recherche actuelle est leur caractère peu éloquent. Le signal spectroscopique de la glycine aurait très bien pu être confondu avec celui de l’oxyde de soufre. De plus, personne n’a pensé à le revérifier ou à le dupliquer.

L’identification de la glycine n’est certes pas une preuve tangible qu’une forme de vie peut subsister sur Vénus, mais elle représente une pièce importante du puzzle.


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