Le nouveau coronavirus est apparu en décembre 2019 dans la ville de Wuhan et fait encore aujourd’hui des ravages dans le monde entier. Sa propagation à la fois rapide et effrayante surprend les scientifiques, qui approfondissent chaque jour leurs recherches sur le fléau.

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Seulement, la panoplie de théories qui ont émergé sur le SRAS-CoV-2 fait polémique en ce qui concerne sa véritable origine. Une étude récente a démontré l’existence des traces du germe en Europe, plus particulièrement en Italie, en mars 2019…

En analysant des échantillons d’eaux usées non traitées datant du 12 mars 2019, les chercheurs de l’Université de Barcelone ont détecté des traces du dernier coronavirus. Publiée sur le serveur de préimpression MedRxiv, l’étude est maintenant soumise à la révision des experts externes, afin de voir le jour dans une revue scientifique.

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Les spécialistes ont d’abord constaté que le virus se trouve dans les selles des personnes atteintes. Lors de son cheminement dans le tube digestif, il est à l’origine de troubles gastro-intestinaux. Aussi, il perd sa couche protéique externe, laissant le matériel génétique sous forme d’ARN, qui sera excrété.

À ce stade, le germe n’est plus contagieux, mais sa présence dans les effluents liquides permet aux scientifiques de prédire la survenue d’une épidémie plusieurs jours avant, car le virus sort de l’organisme avant l’apparition de symptômes chez les patients. Ces derniers devront alors subir un test et ensuite être admis à l’hôpital, ce qui prend du temps avant de déclarer un cas officiel.

Desiree Ho for the Innovative Genomics Institute

Afin de mieux cerner l’émergence du SRAS-CoV-2, plusieurs pays se sont lancés dans l’analyse des échantillons congelés d’eaux usées, allant de janvier 2018 à décembre 2019. Les épidémiologistes ont alors trouvé des traces du virus datant du 15 janvier 2020, soit 41 jours avant l’apparition du premier cas officiel en Europe.

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À l’exception de celui datant du 12 mars 2019, le reste des tests à la PCR étaient négatifs. La PCR consiste à obtenir des échantillons de liquides physiologiques tels que les mucus et la salive, les débarrasser des impuretés et convertir l’ARN en ADN.

Ce dernier est ensuite amplifié dans des cycles consécutifs jusqu’à ce qu’il soit détectable par une sonde fluorescente. Pour la détection du coronavirus, plus d’un gène est recherché, dans ce cas-là, les scientifiques en ont testé trois, dont l’un était présent dans le modèle en question.

Seulement, les fragments du gène n’ont été observés qu’au bout du 39e cycle d’amplification. Cela peut s’expliquer par le fait que le virus se trouve à des concentrations très basses dans les eaux usées, ou par de possibles contaminations par des échantillons positifs dans les laboratoires. On peut également supposer que l’ARN ou l’ADN détecté possède une structure suffisamment similaire au site de fixation de la molécule test pour donner un résultat positif.

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Le SRAS-CoV-2 est rapidement transmissible, il est donc étrange qu’il n’ait pas été repéré pendant neuf mois au milieu d’une population où les mesures de précautions n’étaient pas instaurées. Davantage de recherches sont alors nécessaires avant de passer à des conclusions définitives.


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