Le corps humain ne cesse de nous réserver des surprises à travers des cas mis à jour fortuitement par des scientifiques, confortant ainsi l’idée que le savoir est un puits insondable.

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Le cas d’une femme de l’Oregon, Rose-Marie Bentley — partie à l’âge de 99 ans — en est une parfaite illustration. La vieille dame s’en est allée en 2017, en ignorant vraisemblablement ainsi que son entourage proche qu’elle portait en elle la représentation distincte d’un cas, dont la variation a très rarement été reportée dans la littérature médicale.

Il se trouve qu’elle avait vécu avec presque tous ses organes internes mal placés, à l’exception de son cœur.

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Il aurait fallu qu’en 2018, des étudiants en médecine de l’Oregon Health and Science University découvrent avant tout le monde — en inspectant l’intérieur du corps de Rose-Marie dont elle a fait don à la science — que la disposition des organes constituait l’effet miroir de l’anatomie humaine typique.

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Rose-Marie Bentley/Photo prise par un membre de sa famille.

En effet, l’estomac était à droite tandis que le foie était à gauche. De même, d’autres irrégularités ont été observées sur l’emplacement d’autres organes et du réseau veineux.

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Ces étudiants ont bien été face à une variante rarissime de ce qui est appelé « situs inversus » (en français : position inverse) lequel désigne, chez un être humain, une inversion de la position d’organes internes par rapport au plan sagittal (droite-gauche).

« Je savais que quelque chose n’allait pas, mais il nous a fallu un certain temps pour comprendre comment cette patiente était faite. » a déclaré Cam Walker, anatomiste à l’OHSU. Effectivement, Bentley présentait la tare congénitale de situs inversus qui affecterait environ 1 naissance sur 10 000 à 22 000.

Si la majorité des personnes atteintes de situs inversus ne survivent pas à l’enfance, le cas de cette dame qui a succombé de cause naturelle, relève du miracle puisque les chances de parvenir à l’âge adulte étaient de 1 cas sur 50 millions.

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Quant aux étudiants qui ont été à l’origine de cette découverte, ils n’oublieront sans doute jamais comment un simple cours d’anatomie s’était transformé, sous leurs yeux, en une scène extraordinaire.

Bentley est certainement le cas le plus remarquable après celui d’un patient atteint du même défaut congénital, parti à 75 ans. L’histoire de cette vieille dame est sans conteste l’exception qui confirme la règle.


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