Il était une fois — selon les archives de l’Histoire de notre monde —, l’Atlantique regorgeait de splendides morues. Mais ce qui devait arriver arriva et désormais la probabilité de l’extinction de la morue est très élevée. Ce spécimen aquatique fut à son époque l’un des poissons les plus recherchés de l’Atlantique Nord et c’est sans doute cette popularité qui provoqua son déclin.

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Très peu de poissons ont joué un rôle aussi important dans l’histoire de l’humanité que ce spécimen millénaire. Pourtant, lorsque nous le comparons au fier marlin que Santiago avait affronté dans « Le vieil homme et la mer » d’Ernest Hemingway, celui-ci n’a rien de romanesque. En effet, il semblerait que quand une morue est attrapée, elle ne lutte pas — se résignant simplement de manière fataliste à son destin… Mais alors, qu’est-ce qui lui donne sa si grande valeur ?

Toute sa valeur réside en fait dans son apport nutritif grandiose, voire tout à fait miraculeux — où cet article ne suffirait malheureusement pas pour dénombrer tous ses effets sur le corps. Nous citerons toutefois comme exemple son abondance en vitamine D — particulièrement dans son foie — qui participe étroitement à la santé des os et des dents, en rendant disponibles le calcium et le phosphore dans le sang, entre autres pour la croissance de la structure osseuse — en jouant également un rôle dans la maturation des cellules, dont celles du système immunitaire.

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Mark Kurlansky, écrivain et journaliste américain, est l’auteur de nombreux ouvrages traitant des choses qui, bien qu’elles nous semblent « banales » aujourd’hui, ont en réalité grandement contribué à la civilisation — tels que le papier, le sel, le lait, ou la morue. C’est ainsi que dans son livre « Un poisson à la conquête du monde ou la fabuleuse histoire de la morue », Kurlansky nous relate les faits historiques qui n’ont pu avoir lieu uniquement grâce aux bienfaits incontestés de ce fascinant poisson.

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Morue, Gadus morhua, prise à travers une vitre à Atlanterhavsparken, Ålesund, Norvège.
Hans-Petter Fjeld/Wikipedia Commons

Les Vikings ont été parmi les premiers Européens à se rendre sur les Côte-Nord américaines — 500 ans avant Christophe Colomb — pour pêcher et traiter la morue. Ils ont survécu, dit Kurlansky, parce que les Vikings avaient appris à « conserver la morue en la suspendant dans l’air glacial de l’hiver jusqu’à ce qu’elle perde les quatre cinquièmes de son poids et devienne une planche aussi dure que du bois ». Une autre pratique qu’ils ont transmise de génération en génération consistait à extraire l’huile du foie de la morue. Ce n’était certes pas un délice culinaire, mais c’était néanmoins une source essentielle de nourriture très énergisante et fortifiante.

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Lors de la réalisation d’une vidéo sur les vitamines, l’animateur de télévision Derek Muller appuie le fait que les Vikings avaient besoin d’une source de vitamine D pour les mois d’hiver sombres et pour que leurs enfants développent des os solides et en bonne santé, évitant ainsi le rachitisme et autres maladies des eaux très répandus à l’époque dans toute l’Europe. Ce n’est d’ailleurs sans doute qu’ironiquement, l’un des plus grands chefs vikings « Ivar » était surnommé « le désossé » et que plus tard un des plus célèbres Rois d’Angleterre, Richard III, était bossue…

Quoique, dans son documentaire, Muller explique que ce savoir — qui aurait permis la survie des Vikings au Moyen-âge —, ne s’était pas répandu comme il l’aurait fallu et qu’il aurait apparemment été délaissé dans certaines régions comme le Groenland où les Vikings se sont tournés vers l’agriculture comme principale source de subsistance. Par ailleurs, des ossements avec des malformations ont été déterrés là-bas, ce qui a permis de démontrer cela.

La morue est donc une pitance véritablement prodigieuse. Alors, si vos parents vous ont déjà fait boire de l’huile de foie de morue — malgré que cela ne fût pas à votre goût —, ne leur en voulez pas trop. Il n’empêche que l’humanité devrait repenser à ses méthodes pour faire cesser le massacre de cette espèce avant que cela ne soit trop tard…

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Effondrement des stocks de morue de l’Atlantique au large de la côte est de Terre-Neuve en 1992. Dès la fin des années 1950, des chalutiers de fond ont commencé à exploiter (surexploiter) la partie profonde de la zone, conduisant à une augmentation des prises et à une forte baisse de la biomasse sous-jacente. Les Quotas trop tardivement convenus au niveau international au début des années 1970, qui ont fait suite à la déclaration par le Canada d’une zone exclusive de pêche dans cette zone en 1977 ont finalement échoué à arrêter et inverser le déclin de ce stock halieutique.
Lamiot/Wikipedia Commons
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