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Comment on pourrait bientôt avoir des tomates piquantes


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Vic_neo, via Pixabay.

Les premières connaissances concernant le génome humain ont apporté beaucoup de réponses à des questions restées ambigües. Cependant, elles ont également contribué au développement de réflexions extrêmes, comme tout est devenu possible à faire.

Si l’affaire des bébés génétiquement modifiés en Chine a fait fureur au sein de la communauté scientifique et a soulevé des problèmes d’ordre éthique, les aliments modifiés existent quant à eux depuis bien longtemps et on risque de les voir, et peut-être même de les déguster, de plus en plus à l’avenir.

Un principe curieux

La technique de manipulation génétique CRISPR, depuis sa mise au point, voit ses utilisations se multiplier et se diversifier. Les recherches de ce genre sont principalement concentrées dans le domaine de la santé, mais l’agriculture prend également une grande part du marché.

Des chercheurs en physiologie végétale au Brésil et en Irlande sont particulièrement enthousiastes à l’idée de produire des tomates aussi piquantes que le piment rouge. L’idée peut sembler folle pour certains et excitante pour d’autres. En réalité, elle est surtout bien pensée.

Ces deux fruits ont, à un moment de leur histoire évolutive, divergé d’un ancêtre commun. Ceci explique la présence des capsaïcines (ou autrement appelées capsaïcinoïdes) chez les deux espèces végétales, bien que leur gène soit « techniquement » inactif chez la tomate. Ce composé chimique est responsable des sensations de brûlure et de chaleur provoquées dans la bouche, étant un fort irritant.

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Tony Alter, Flickr

C’est justement cette propriété biologique, révélée par le séquençage génétique des deux végétaux, qui est intéressante pour ce projet de recherche. Dans leur article publié dans le journal Trends in Plant Science, les spécialistes disent viser l’édition du gène codant pour les capsaïcinoïdes afin de l’activer chez la tomate.

« Les capsaïcinoïdes sont des composés très précieux. Ils sont utilisés dans l’industrie de l’armement pour la fabrication du spray au poivre, en tant qu’anesthésiant et même pour la perte de poids selon des recherches. » a déclaré Agustin Zsögön de l’Université fédérale de Viçosa au Brésil à the Guardian.

Une innovation utile

L’objectif de cette méthodologie n’est pas d’obtenir des tomates plus exotiques, mais plutôt de profiter de leur rentabilité impressionnante afin de produire un fruit aux mêmes caractéristiques désirables du piment rouge.

« La preuve du concept ici est que nous pouvons transférer la chose unique et endémique d’une plante moins produite vers une autre plante qui est plus largement produite. » a expliqué Lázaro E.P. Peres, Professeur de physiologie végétale à l’Université de São Paulo et co-auteur de l’article.

La tomate fait partie des « espèces modèles » qui se prêtent parfaitement à la manipulation biotechnologique. Le piment est quant à lui beaucoup plus exigent et sa culture est inconstante, nécessitant des conditions spécifiques. Pendant qu’un rendement typique de la variété piquante est de trois tonnes par hectare sur quatre à cinq mois d’efforts, près de 110 tonnes de tomates sont produites par hectare et en 120 jours seulement.

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Richard Elzey, Flickr

« S’ils avaient cette technologie au 16e siècle, la colonisation n’aurait pas eu lieu. » a déclaré Peres pour réaffirmer l’utilité de cet outil révolutionnaire. La recherche est bien partie pour réussir et son déroulement est très stimulant pour les scientifiques qui clament que CRISPR-cas9 est plus compliqué à faire lorsque le but est d’activer un gène précis. La majorité des travaux menés jusque-là avait pour finalité d’inhiber l’expression d’un gène, non le contraire.

Une tomate qui ressemble en apparence à un piment rouge a déjà été produite en laboratoire. Si tout se passe comme prévu, nous aurons bientôt accès à des tomates épicées pour rejoindre les fraises plus sucrées, les champignons qui ne brunissent pas et les physalis comestibles. Comme quoi, l’imagination n’a pas de limite en science.