Comment l’électricité peut sauver la grande barrière de corail de l’Australie


Visible depuis l’Espace, la Grande Barrière de corail, au large du Queensland en Australie, est la plus grande structure vivante au monde et est menacée depuis plusieurs décennies par la pollution et la surpêche. Cependant, des chercheurs font le pari d’empêcher son extinction.

Étant une richesse très convoitée et hautement estimée, sa croissance lente et sa position importante dans le monde animal et végétal poussent les scientifiques à tout tenter pour la sauver…

Quand l’électricité stimule la vie

Selon une étude, 93 % de la Grande Barrière de corail a été touchée par de massifs épisodes de blanchiment coralliens en 2016 et 2017. La croissance naturelle de l’animal risque de prendre une décennie. C’est pourquoi le groupe Reef Ecologic met à l’épreuve le procès Biorock qui vise à accélérer le développement du récif par l’électricité, reporte New Scientist.

« Un courant continu à basse tension traverse l’acier », explique BBC Future en 2015. « Cette électricité interagit avec les minéraux présents dans l’eau de mer et provoque la croissance de calcaire solide sur la structure. Cela s’inspire des principes de l’électrolyse, où le courant électrique provoque une réaction chimique qui n’aurait pas lieu autrement. »

Bien que ce ne soit pas mortel, c’est la vulnérabilité du corail due aux épisodes de blanchiment qui inquiète les scientifiques. Causé par la hausse de la température de l’eau, il se traduit par la décoloration de l’animal.

Cette technologie est actuellement mise en place dans une section de la Grande Barrière de corail à 100 kilomètres de Cairns. Les évènements de 2016 et 2017 pourraient se reproduire tous les cinq ans à cause du changement climatique.

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Une technologie qui porte ses fruits

Élaborée depuis quelque temps aux Caraïbes suite à une succession d’épisodes de blanchiment en 2005 qui a fait perdre aux USA la moitié de leur récif corallien, elle est aussi utilisée dans l’océan Indien et en Asie du Sud-Est.

L’exploitation des câbles à basse tension du rivage aux récifs présente une difficulté pour le groupe de chercheurs. Ils ont recours à l’énergie solaire et marémotrice pour rendre l’opération plus faisable. La technologie s’est avérée efficace et il est estimé que la croissance du corail a augmenté de trois à quatre fois après son installation.

Les courants électriques impliqués sont inoffensifs pour les humains, la faune et la flore, rassurent les chercheurs. C’est même tout cet écosystème qui en bénéficierait tel que les populations de poissons, notamment les homards et les juvéniles qui s’abritent dans les structures.

Bien qu’il existe peu d’études de comparaison entre la technique du Biorock et d’autres, les résultats encourageants et le changement climatique pousseraient les chercheurs à ne pas abandonner le projet. Aussi, les causes de la détérioration de cette richesse vont du blanchiment corallien à la pêche à la dynamite en passant par l’intoxication au cyanure et enfin la pollution.

Réparer les récifs est certes une action nécessaire, mais elle doit être accompagnée d’appels à la prévention et d’une collaboration avec les habitants.