L’air est tellement pollué qu’il en est devenu dangereux. Les médecins sont catégoriques : la détérioration de sa qualité influe grandement sur notre santé.

Les maladies respiratoires, les troubles cardiaques ou cérébraux ne sont que de très minces conséquences de ce phénomène principalement dû à l’activité de l’Homme.

C’est pourquoi en 1985, 24 pays ont signé le Protocole de Montréal, qui avait pour mission initiale de protéger la couche d’ozone et d’éviter une catastrophe écologique certaine.

Des résultats inattendus

De nouvelles recherches menées par des experts de l’Université du Colorado ont révélé que ce traité international a non seulement pansé la couche d’ozone, mais, qu’en plus, il a interrompu la circulation atmosphérique dans l’hémisphère sud, permettant aux vents de reprendre leur cours normal.

Le trou dans la couche d’ozone a été découvert en 1985, au-dessus de l’Antarctique. Depuis, il se forme chaque printemps, renforçant les vents du vortex polaire pour les affecter jusqu’à la couche la plus basse de l’atmosphère terrestre. 

Ainsi, le courant-jet des latitudes moyennes et des régions sèches ont été déplacés au bord des tropiques, vers le pôle sud.

Ce phénomène avait été attribué aux modifications météorologiques de cette zone, aux altérations des courants océaniques ainsi qu’à la salinité.

L’élimination des substances destructrices telles que les chlorofluorocarbures a permis le rétablissement de la cavité. 

Au début du siècle, la circulation de l’hémisphère sud a connu une sorte de pause, si bien qu’elle ne se développait plus vers les pôles : selon les auteurs, il ne s’agit aucunement d’une coïncidence.

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Diminution du trou de la couche d’ozone grâce au Protocole de Montréal/NASA

Un constat à relativiser

En utilisant une technique statistique appelée détection et attribution, les chercheurs ont capté une image panoramique montrant des parties du Chili et de l’Argentine depuis la Station spatiale internationale pour vérifier si ces changements étaient induits par les humains.

hémisphère sud
Photographie panoramique du Chili et de l’Argentine/ISS

Par ailleurs, les simulations informatiques ont aidé les experts à affirmer que la pause observée ne pouvait en aucune façon être due aux seules modifications naturelles des vents.

L’isolation séparée des conséquences de l’ozone et des gaz à effet de serre a également attesté cette hypothèse.

En effet, le CO2 ne fait, depuis l’an 2000, que perpétuer le processus déjà enclenché auparavant, consistant à pousser la circulation vers le pôle.

Pour sa part, le Professeur au ministère de l’Environnement et Changement climatique Canada John Fyfe, a souligné que l’identification de ce temps d’arrêt de la circulation ne faisait que confirmer, encore une fois, la théorie émise par la communauté scientifique.

Les experts sont toutefois perplexes quant à la pérennité de cette « trêve », car le courant-jet impacte très sérieusement les conditions météorologiques des régions de l’hémisphère sud. Raison pour laquelle la stabilité des tendances de la circulation vers les pôles s’en trouve menacée.

Ils déclarent que cela dépend de la lutte entre les effets opposés de la récupération de l’ozone et l’augmentation des gaz à effet de serre.


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