Organe le plus complexe et très certainement le plus mystérieux de notre organisme, le cerveau reste une véritable énigme pour la communauté scientifique qui a encore aujourd’hui du mal à comprendre son fonctionnement, et plus particulièrement en ce qui concerne notre mémoire.

Publicité
Publicité

Cependant, deux scientifiques américains se sont longuement penché sur le sujet et nous expliquent par quel moyen extraordinaire notre cerveau peut arriver à mémoriser un numéro de téléphone : bien que leur vision diffère grandement sur la question, leurs conclusions restent on ne peut plus intéressantes…

Ce que nous savons sur le fonctionnement de notre mémoire

Lorsque nous entendons le prénom d’un nouveau collègue, l’heure d’un rendez-vous important ou une tâche à faire, nous sollicitons ce que les experts de la santé appellent la mémoire de travail.

Publicité

Bien que définie comme étant à court terme, cette dernière conserve malgré tout les nouvelles données tant que nous en avons besoin : « La mémoire de travail est le bloc-notes de votre esprit ; c’est le contenu de vos pensées conscientes » affirme le Professeur de neurosciences au MIT Earl Miller.

Pour comprendre ce phénomène, il suffit d’essayer de se souvenir des noms de nos anciens enseignant. e. s : nous avions beau les côtoyer tous les jours pendant au moins un an, les patronymes de certains d’entre eux nous échappent forcément, tandis que d’autres sont gravés dans nos esprits à jamais.

Publicité
Publicité

En outre, la mémoire de travail fait partie de nos fonctions cognitives supérieures les plus importantes, au même titre que l’intelligence ou le langage comme le rappelle le Professeur d’anatomie et de neurobiologie de l’École de médecine Wake Forest Christos Constantinidis.

Selon les deux scientifiques, elle est utile dans toutes nos tâches du quotidien, à tel point que son dysfonctionnement est l’un des principaux symptômes dans de nombreuses pathologies cérébrales telles que la schizophrénie ou l’autisme.

Comment le cerveau stocke-t-il un numéro de téléphone ? - sciences-et-technologies, psychologie - théorie, Téléphone, science, Schizophrénie, santé, pathologie, organe, neurosciences, Neurone, Mémoire de travail, Mémoire (psychologie), intelligence, esprit, Earl Miller, conscience, Communauté scientifique, cognition, Christos Constantinidis, cerveau, autisme
Pieter Ouwerkerk, Flickr

Un débat animé qui donne à réfléchir

Tous deux fascinés par le processus de mémorisation de notre cerveau, M. Miller et M. Constantinidis ont mené une étude sous forme de débat dans laquelle ils expliquent comment nous sommes concrètement capables de retenir un numéro de téléphone.

Publicité
Publicité

Pour le Professeur Constantinidis, chaque fois que nous voulons enregistrer un numéro de téléphone, nos neurones du cortex préfrontal, autrement dit ceux que l’on retrouve à l’avant du cerveau, se déchaînent littéralement sans jamais s’arrêter : « C’est cette activité persistante des neurones du cortex préfrontal qui vous permet de conserver cette information en mémoire » affirme-t-il.

Mais d’après le Professeur Miller, ce n’est pas si simple : les résultats de ses travaux antérieurs ont montré que lorsqu’une nouvelle information doit être retenue, les neurones se déclenchent en réalité par rafales, avec donc des périodes de pauses et de rappels constants.

« Cela ne semble pas être une grande différence, mais en réalité, cela a d’énormes implications fonctionnelles » explique-t-il.

Publicité

Aussi, il est persuadé que durant ces temps d’arrêt, c’est la mémoire dite à long terme qui prend le relai avant qu’une autre rafale ait lieu.

Le Professeur Constantinidis en revanche n’est que peu convaincu par la thèse du Professeur Miller qu’il juge plausible en théorie uniquement, mais impossible d’un point de vue pratique : « Nous avons des cas cliniques de patients pour lesquels la mémoire de travail est profondément altérée, alors que leur mémoire à long terme est intacte ».

Publicité
Publicité

Publicité