Il y a d’un côté « Les sept merveilles du monde » et puis de l’autre « les mille milliards de mystères du monde ». Le monstre du Loch Ness, l’identité de Shakespeare, les pyramides… et Stonehenge.

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Près de 5000 ans après son édification, la structure continue de nourrir l’imaginaire des Hommes : lieu de culte, observatoire astronomique, instrument de musique ? L’édifice est troublant, le mystère complet.

Qu’en est-il de sa construction ? Des roches de plusieurs tonnes déplacées sur de très grandes distances pour ensuite être levées et assemblées. Serait-ce l’œuvre des géants ? Des extraterrestres ? Ou tout simplement de l’ingéniosité de l’Homme ? Les scientifiques sont sur une nouvelle piste plutôt « grassouillette ».

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Stonehenge, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1986, est situé dans la plaine de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre. C’est vers 2500 ans av. J.-C., à l’ère du Néolithique — l’Âge de pierre en Grande Bretagne — que l’édifice a été érigé.

Le temps a laissé son empreinte, mais ce monument reste une merveille d’ingénierie. Une fosse et un talus encerclent les pierres, des monolithes taillés dans du sarsen — un grès de la région plus dur que le granite — pesant jusqu’à 45 tonnes et se dressant sur plus de six mètres de haut.

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Ces monolithes verticaux sont légèrement effilés et comportent une pointe au sommet prévu pour s’encastrer dans les trous des linteaux, pierres courbes placées à l’horizontale qui s’imbriquent les unes dans les autres formant un cercle presque parfait. Et malgré une pente légère du sol, ce cercle est à niveau au centimètre près.

Les blocs de sarsen sont majoritaires à Stonehenge, mais on trouve également d’autres pierres, plus discrètes, mais tout aussi étonnantes : les pierres bleues, qui auraient été transportées depuis des collines du pays de Galles, à 240 km de là.

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Il n’est alors plus étonnant qu’un tel ouvrage suscite autant des questions sur le pourquoi du comment des pierres aussi imposantes ont été acheminées sur d’aussi longues distances et leur assemblage.

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Une nouvelle étude s’attarde sur les résidus de graisse retrouvés sur des morceaux de terre cuite à Durrington Walls, un site à proximité. Les chercheurs avaient, jusque-là, toujours pensé que les restes étaient ceux des repas destinés aux centaines de travailleurs qu’il avait fallu employer pour la construction d’un tel monument.

Mais Lisa-Marie Shillito, archéologue à l’Université de Newcastle au Royaume-Uni en a pensé autrement. Elle remarque que la quantité moyenne de lipides dans les poteries de Durrington Walls était près de sept fois plus élevée que sur un tesson de poterie archéologique moyen.

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Mais alors : « Les gens mangeaient-ils toute cette graisse ? » Probablement pas.

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Ceci l’amène donc à envisager qu’il y a eu une utilisation non alimentaire de cette ressource animale, comme la production de suif par exemple.

« Je voulais en savoir plus sur les raisons pour lesquelles nous voyons ces quantités élevées de graisse de porc dans la poterie, alors que les ossements d’animaux qui ont été excavés sur le site montrent que beaucoup de porcs ont été rôtis à la broche plutôt que découpés en morceaux comme on pourrait s’y attendre s’ils étaient cuits dans les pots », explique Shillito dans son étude parue sur la revue Antiquity.

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Une telle interprétation conforte la théorie du « traîneau graissé » pour le transport des gigantesques pierres à Stonehenge. Les bâtisseurs se seraient aidés de graisse de porc pour « lubrifier » les traîneaux en bois, les rondins et les cordes afin de minimiser les frottements.

Elle ajoute : « La production de suif destiné à la lubrification n’exclut pas nécessairement la consommation de porc et pourrait en fait faire prtie du même tableau : un produit multifonctions et une activité multifonctionnelle, à la fois alimentaire et non alimentaire ».

L’énigme est loin d’être résolue et il y aura probablement de nombreuses autres études traitant de la complexité de la construction de Stonehenge. Mais une chose est sûre : « Que cette hypothèse soit correcte ou non, elle souligne que la valeur de la reconnaissance de la culture matérielle — y compris celle des récipients “alimentaires” — peut avoir eu de multiples fonctions et significations. ».


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