Comment des bouteilles de shampoing sont en train de sauver la vie des enfants


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Claire Brosman, Flickr

Même si théoriquement, l’accès au soin est censé être un droit universel, les inégalités dans le domaine de la santé à travers le monde sont malheureusement encore très fortement présentes, et ce, même dans les pays les plus développés.

Malgré les associations et organisations internationales qui mettent tout en œuvre pour offrir une assistance médicale aux États les plus défavorisés (Médecins sans Frontière, Médecins du Monde…), elles restent encore trop peu nombreuses et leurs actions sont davantage ponctuelles qu’inscrites sur le long terme.

Ainsi, pour faire face au manque de moyens, certains pays se voient forcés de faire avec le peu qu’ils ont pour tenter de sauver des vies…

Une affection plus répandue qu’on ne le croit

Un peu plus de 920 000 nourrissons et très jeunes enfants succombent chaque année des suites d’une pneumonie.

Très répandue en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, deux grandes régions du monde où la pauvreté et le manque de soins médicaux font rage, la pneumonie est une grave infection bactérienne qui se traduit généralement par la formation de pus et de liquide et, de fait, l’incapacité à respirer normalement.

Si dans les hôpitaux des pays dits aisés il existe des machines performantes qui permettent aux enfants atteints de s’oxygéner correctement (assistance ventilatoire), ceci est loin d’être le cas partout dans le monde : en effet, un tel dispositif médical coûte plus de 15 000 dollars l’unité et doit obligatoirement être manipulé par un personnel hautement qualifié et surtout formé pour, ce qui n’est pas à la portée des bourses des hôpitaux des régions les plus reculées et les plus pauvres.

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Tradimus, Wikipédia

Bien qu’il existe des traitements à faibles coûts préconisés par l’OMS tel que « l’oxygène à faible débit », les taux de mortalité restent particulièrement élevés avec ces méthodes de substitution, si bien qu’un enfant sur sept souffrant de pneumonie en meurt malgré une assistance respiratoire.

Mais au Bangladesh, le Docteur Mohammod Jobayer Christi, après 20 ans de recherches et d’essai, a réussi à mettre au point avec ingéniosité un appareil similaire à l’assistance ventilatoire que l’on connait grâce à une bouteille de shampoing et quelques tubes…

Un système ingénieux et pour le moins inattendu

C’est en 1996, lorsqu’il est devenu interne en médecine, que le Docteur bangladais Christi s’est fait la promesse de trouver un moyen efficace et pas cher pour sauver la vie de bébés qui meurent de pneumonie : « C’était ma première nuit en tant que stagiaire et trois enfants sont morts sous mes yeux. Je me sentais tellement impuissant que j’ai pleuré » déclare le Docteur.

Pour le confectionner, il s’est inspiré d’un type d’appareil ventilatoire qu’il a remarqué au sein des hôpitaux australiens et qui permet aux patients de respirer suffisamment d’oxygène tout en évitant que les poumons ne s’affaissent grâce à ce que l’on appelle la « pression positive connue » (ou PPC).

Ainsi, le Docteur Christi, une fois de retour au Bangladesh, s’est emparé d’une bouteille de shampoing vide en la remplissant d’eau et en lui ajoutant quelques tubes de plastique : « Les enfants inhalent l’oxygène d’un réservoir et expirent par un tube qui est inséré dans une bouteille d’eau produisant des bulles dans l’eau » explique-t-il.

En fait, la pression créée par ces bulles permet d’éviter l’affaissement des poumons en les gardant ouverts.

Aussi étonnant cela puisse paraitre, les essais menés sur les enfants à l’Hôpital de Dhaka, où exerce le Docteur Christi, ont été un véritable succès, à tel point que le taux de mortalité des enfants souffrant de pneumonies a diminué de plus de 75 %.

« Les enfants qui ont reçu de l’oxygène par CPAP à bulles ont présenté des taux de mortalité significativement inférieurs à ceux des enfants ayant reçu de l’oxygène par oxygénothérapie à faible débit ».

En d’autres termes, la méthode du Docteur Christi est on ne peut plus prometteuse et nettement plus efficace que celle de l’OMS prévue pour les pays sous-développés.