Une découverte très curieuse est venue agiter la communauté scientifique au début du siècle dernier. Il s’agit d’un organisme au comportement intelligent, doté d’une seule cellule et sans système nerveux vivant dans l’eau douce.

Publicité

L’animal en question a été nommé Stentor Roeseli par Herbert Spencer Jennings, le zoologiste ayant rapporté cette découverte.

La créature qui a la forme d’une « trompette » a été longuement observée au microscope et il est apparu qu’elle arrivait à prendre des décisions assez complexes malgré le fait qu’elle soit totalement dépourvue d’un système nerveux.

Ce comportement aussi singulier qu’étonnant a été répertorié par les scientifiques comme étant l’un des plus complexes jamais observés chez un animal unicellulaire. 

La théorie de Herbert Spencer Jennings a longtemps été rejetée jusqu’à ce que des chercheurs modernes ont pu prouver que S.Roeseli présente bien les comportements rapportés par le zoologiste.

S. roeselii organisme unicellulaire sans cerveau est montré ici se contractant jusqu’à l’endroit où il tient sur une surface. Bill Porter.

Jeremy Gunawardena, un biologiste des systèmes de la Harvard Medical School, a en effet déclaré que la prise de décision observée chez S.Roeseli et décrite par Herbert Spencer Jennings existait bel et bien.

Avant cette découverte surprenante, les scientifiques pensaient que seuls les organismes multicellulaires dotés de systèmes nerveux pouvaient faire preuve d’une intelligence cognitive autonome.

Dexter et al./Current Biology, 2019

Depuis, ils ont été dans l’obligation de remettre en question leurs certitudes étant donné que S.Roeseli est la preuve vivante que même un organisme unicellulaire sans système nerveux peut posséder une telle intelligence.

Il faut dire que les scientifiques ont toujours été fascinés par la complexité des ciliés. Ces protozoaires unicellulaires caractérisés par la présence de cils vibratiles dans leur surface montrent un certain nombre de réflexes d’évitement lorsqu’ils vivent des situations de stress.

Ainsi, ils ont la capacité de reculer, de nager rapidement ou de tourner dans le cas où ils se heurtent à un obstacle ou sentent la présence d’un prédateur.

Toutefois, ce qui différencie S.Roeseli des autres protozoaires est que ces derniers n’affichent que des comportements simples liés à leur survie à l’exemple de l’accouplement et la chasse.

Tandis que S.Roeseli fait preuve d’un comportement sensiblement plus intelligent. Prenons l’exemple d’une cellule Stentor normale.

Lorsque cette dernière fait face à des obstacles, elle arrête de se contracter. On appelle cela le phénomène de l’habituation. Mais ce qu’a observé Herbert Spencer Jennings chez S.Roeseli est tout autre.

Lorsque S.Roeseli est stimulée par un produit chimique, elle commence par se plier et éloigner sa bouche. Ensuite, elle effectue plusieurs battements de cils afin que rien ne puisse toucher sa région buccale.

Dans le cas où aucune de ces réponses ne fonctionne, la cellule se détache totalement de sa fondation alors qu’en temps normal elle est complètement immobile. 

C’est cette succession de réponses qui a encouragé Herbert Spencer Jennings à émettre l’hypothèse d’une hiérarchie de comportements.

Un siècle après cette expérience, les résultats du zoologiste ont pu être reproduits. Ils ont été décrits de la même façon que Jennings les a rapportés.

Pour expliquer ce comportement, pour le moins singulier, provenant d’un animal unicellulaire sans système nerveux, les scientifiques ont émis plusieurs hypothèses sans toutefois arriver à fournir des explications claires.


Partagez l'article

>