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Ce qui s’est passé quand toute une ville en Alaska a décidé de ne plus boire de l’eau fluorée


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Daria Shevtsova. Pexels.

Les mythes en matière de médecine sont très ancrés dans notre société, et ce depuis la nuit des temps.

Si certains s’avèrent vérifiés, d’autres en revanche n’ont absolument aucune valeur scientifique et peuvent parfois avoir l’effet inverse à celui escompté : par exemple, la légende urbaine a beau dire qu’il faut dormir au minimum 8 heures par jour pour être en forme, la plupart des adultes n’en ont naturellement besoin que de 6 ou 7 et se sentent même fatigués s’ils dépassent cette durée.

Tandis que ces débats font généralement partie de la sphère privée, des pays comme l’Alaska en ont fait de véritables questions de santé publique : c’est ainsi qu’en 2007, les autorités de la ville de Juneau ont totalement supprimé le fluor de leur eau potable, après avoir entendu que cela pouvait avoir des conséquences néfastes sur la santé…

Un débat de longue date

Recommandé par les dentistes depuis plus d’une soixantaine d’années maintenant, le fluor comporte de nombreux avantages en terme de santé buccodentaire : en plus de prévenir l’apparition de caries, il renforce indubitablement l’émail de nos dents tout en nous protégeant de diverses infections bactériennes.

Malgré cela, les avis ont toujours divergés quant à ses bienfaits.

En effet, d’après les résultats des expériences de certains experts de la santé, le fluor est la cause de pathologies plus ou moins graves, comme l’arthrite, le cancer des os chez la gent masculine, des pathologies rénales, voire un faible QI chez les plus jeunes : alors que quelques-unes ont été acceptées par la communauté scientifique, d’autres se sont rapidement vues réfutées.

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Dale Musselman, Flickr

Au regard de toutes ces informations aussi contradictoires les unes que les autres, les habitants de Juneau, la capitale de l’Alaska, ont demandé un référendum contre l’ajout de fluorure dans l’eau potable en 2007 : partant du principe qu’un risque, aussi minime soit-il, ait été décelé dans l’utilisation de cet oligoélément, ces derniers ont préféré jouer la carte de la sécurité.

Face à la majorité de votants défavorables à l’eau fluorée, le gouvernement s’est ainsi vu contraint de modifier la composition de l’eau courante de la ville.

S’il n’était évidemment pas possible de mesurer les effets de l’arrêt du fluor durant les premiers mois qui ont suivi son interdiction, une large étude a cependant été conduite par une équipe de scientifiques locaux, notamment pour déterminer si cette interruption était justifiée ou non…

Des conséquences différentes de celles imaginées

Dirigée par la chercheuse en santé publique Jennifer Meyer de l’Université d’Alaska à Anchorage, ladite expérience a été menée sur 1905 enfants âgés de moins de 18 ans qui ont eu recours à des soins dentaires.

Divisés en deux groupes bien distincts, le premier, composé de 853 participants, regroupe les jeunes qui sont allés chez le dentiste en 2003, soit 4 ans avant que l’eau ne soit plus fluorée à Juneau.

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Public Domain, Pixnio

Concernant le deuxième, il s’agit de 1052 enfants de moins de 6 ans qui se sont fait soigner une ou plusieurs dents en 2012, c’est-à-dire 5 ans après l’interdiction du fluor : ici, aucun enfant n’a consommé d’eau potable fluorée à un moment où à un autre dans sa vie.

D’après les résultats, le constat est on ne peut plus clair : « En éliminant le fluorure de l’approvisionnement en eau, la conséquence est que les jeunes souffrent d’une carie supplémentaire par an, pour un coût approximatif de 300 $ US par enfant » déclare la Professeure Jennifer Meyer.

Effectivement, les chiffres ont révélé qu’avant l’interdiction du fluor dans l’eau du robinet, le ratio était d’1,55 carie par enfant, tandis que depuis 2012, celui-ci est passé à 2,55.

« Des recherches antérieures indiquent que sans la présence de fluor dans l’eau, et donc dans la bouche et la salive, des dents peuvent se former avec un émail plus faible et ne pas avoir la capacité de reminéraliser les premiers signes de carie » ajoutent les chercheurs.