En vous promenant dans les rues du centre de Manhattan, il vous sera difficile de rater un immeuble tout droit sorti d’un film de science-fiction, un gratte-ciel longiligne d’apparence sinistre, dépourvu de fenêtres, connu sous le nom de « Long Lines Building ».

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Situé au 33, rue Thomas, conçu en 1974 par l’architecte John Carl Warneke, cet immeuble est doté de sa propre énergie et de son propre réseau d’eau, une espèce de bunker capable de supporter toute attaque nucléaire.

Initialement et officiellement, cette forteresse a été construite pour abriter les centrales de télécommunication d’AT & T pour installer leurs commutateurs téléphoniques et leurs équipements de stockage et de traitement de données.

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Cependant, officieusement, et d’après des documents divulgués par Edward Snowden, ainsi que d’autres, rassemblés par The Intercept, cet édifice serait une base secrète de surveillance de la NSA, et du programme controversé baptisé TITANPOINTE, qui espionne des appels téléphoniques, des messages fax et des données Internet.

Un employé d’AT & T avait confié à The Intercept que la forteresse abritait ce qu’on appelait « un commutateur de passerelle », donc une voie par laquelle les appels internationaux et les données pénètrent dans le système de télécommunication.

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Ce qui aurait permis à la NSA, et à travers son système de surveillance controversé TITANPOINTE d’espionner pas moins de 38 pays y compris des alliés, l’ONU, le FMI et la Banque Mondiale.

Lars Plougmann/Wikipedia Commons

Des documents Top secrets de la NSA indiquent une effective mise en place d’un site, nommé « TITANPOINTE », dans le bâtiment, a déclaré The Intercept.

L’unité de documentation Intercept révèle, et d’après les guides de la NSA, que les agents visitant TITANPOINTE sont dirigés vers les bureaux du FBI, se trouvant à deux rues du Long Lines Building. De là, ils seront transportés par des véhicules de couverture, le site leur sera présenté par les représentants de « LITHIUM » le nom de code de la NSA pour AT & T.

TITANPOINTE, et par le biais d’une antenne parabolique se trouvant dans le bâtiment, est relié au programme SKIDROWE, un autre programme de la NSA qui intercepte les données satellites, courriels, conversations, appels Skype, mots de passe et historique de navigation.

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Entrée principale de la tour.
Dhaluza/Wikipedia Commons

Des documents qui ont fuité relient TITANPOINTE à une autre plateforme créée au début des années 70, nommée BRANLEY, un programme permettant la récolte en masse les métadonnées des communications et leurs contenus, avec l’aide de « partenariats commerciaux » avec des sociétés telle qu’AT & T.

Selon un courrier électronique publié en 2012, BRANLEY a ​​mené une campagne d’espionnage de l’adresse électronique du général des Nations Unies dirigeant la mission de surveillance en Syrie, impliquant notamment TITANPOINTE et donc, Long Lines Building, rapporte The Intercept.

« De telles activités d’espionnage sont des abus de confiance totalement inacceptables dans la coopération internationale », a déclaré Mogens Lykketoft, ancien président de l’assemblée générale de l’ONU.

Cet immeuble new-yorkais sans fenêtres renferme en son sein des décors et des histoires dignes des plus grands films hollywoodiens.


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