Alzheimer est sans doute l’une des maladies qui posent, à ce jour, un vrai défi à la médecine, toujours impuissante à cerner ses facteurs déclenchants pour une meilleure prévention. Au-delà de son caractère invalidant, cette pathologie atteint un nombre de plus en plus important de patients dans le monde, représentant également un enjeu économique considérable.

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En outre, cette forme de démence impacte de manière spectaculaire la vie des malades et leur entourage. C’est un trouble cérébral progressif irréversible qui détruit lentement la mémoire, les capacités de réflexion et, éventuellement, la capacité à effectuer les tâches les plus simples.

Elle se manifeste également sous des formes diverses variant d’un cas à un autre telles que l’aphasie, une apraxie ou une agnosie, des changements d’humeur, et quelques autres symptômes induits par les lésions cérébrales installées.

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Aux États-Unis, cette maladie représente la sixième cause de mortalité et est appelée à atteindre les premiers rangs dans le classement des pathologies fatales, juste derrière les maladies cardiaques et le cancer, en tant que cause de trépas chez les personnes âgées de plus de 60 ans.

Si la science essaie depuis des années d’explorer toutes les voies menant aux causes liées à Alzheimer — des plus cliniques comme l’existence de plaques amyloïdes, ou de dégénérescences neurofibrillaires, à celles pressenties, comme les facteurs génétiques, ainsi que les facteurs de risque associés, tels que l’âge, le tabagisme, le cholestérol, le régime alimentaire, une exposition antérieure à des accidents vasculaires cérébraux, etc. — sa prévention demeure problématique.

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Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose essentiellement sur des explorations par voie d’imagerie, IRM et scanner. Et le traitement jusque-là préconisé est à base d’acétylcholine qui sert essentiellement à booster la concentration dans certaines régions du cerveau, ainsi que l’injection d’anticorps pour détruire les plaques amyloïdes, mais toute la panoplie de médicaments proposée perd de son efficacité au bout de quelque temps, et c’est le drame…

Ce groupe pharmaceutique avait un remède potentiel contre l'Alzheimer, mais le gardait secret - sante-et-medecine, maladies, biologie - vie, The Washington Post, Taux de mortalité, science, santé, Recherche scientifique, Profit, prévention, Pfizer, Patient, pathologie, Mémoire (psychologie), médecine, Maladie d'Alzheimer, maladie, Lobby pharmaceutique, Lésion cérébrale, Introspection, Industrie pharmaceutique, humanité, finance, Facteur de risque, Enjeu, Démence, cerveau, cancer
Combinaison de deux diagrammes du cerveau en un à des fins de comparaison. Dans le cerveau normal gauche, dans le cerveau droit d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Wikipedia Commons

Seulement voilà, une équipe de chercheurs du géant de l’industrie pharmaceutique Pfizer a fait part d’une surprenante découverte en 2015 : un anti- inflammatoire puissant, l’Enbrel, mis au point par cette société et commercialisé depuis plusieurs années, pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, a semblé réduire de 64 % le développement de la maladie d’Alzheimer, ce qui aurait constitué un pas de géant dans la lutte contre cette pathologie et aurait soulagé un large segment de la population – essentiellement féminine à travers le monde, soit un grand service rendu à l’humanité.

Cependant, la vérification de cette découverte nécessitait l’injection de 80 millions de dollars américains pour le financement d’essais cliniques sur des milliers de patients, selon ce qui a été rapporté dans un document interne de l’entreprise, obtenu par Le Washington Post qui a révélé cette affaire.

D’après ce dernier, l’Enbrel « pourrait potentiellement prévenir, traiter et ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer en toute sécurité. » Ce constat devait faire l’objet d’une présentation dans une réunion interne au groupe Pfizer, en 2018.

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Mais, coup de théâtre ! le laboratoire pharmaceutique a décidé de renoncer aux recherches et de ne pas publier les données recueillies, révélant à Washington Post que le traitement n’était finalement pas adéquat, car il n’agissait pas directement sur le tissu cérébral et ne comportait pas de résultats probants.

Un grand sentiment de frustration a suivi l’engouement que la découverte a créé chez les scientifiques externes à la société qui auraient préféré que Pfizer ait publié les données tenues secrètes pour leur exploitation, quel que soit leur degré de fiabilité.

De plus, l’année 2018 correspondait à l’échéance de fin de vie du brevet de l’anti- inflammatoire Enbrel et son retrait du marché pour des considérations économiques et de fortes compétitions par les traitements génériques concurrents.

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Pfizer s’est également retirée de la recherche sur la maladie d’Alzheimer au moment où la science connaît un regain d’intérêt pour les nouveaux usages de médicaments traditionnels.

Bien que cela ne repose sur des affirmations avérées, beaucoup d’observateurs estiment qu’une fois de plus, l’intérêt humain vient de faire les frais des dérives des industriels de santé qui répondent plus à des mécanismes de génération de profits financiers colossaux qu’à la satisfaction de besoins de sécurité sanitaire.


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