Bill Gates pense qu’une maladie va tuer 30 millions de personnes en 6 mois, et nous ne sommes pas prêts


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Wikimedia Commons.

Bill Gates avertit le monde d’une pandémie qui constituerait la plus grande menace immédiate pour l’humanité. Une nouvelle épidémie de grippe surgirait là où l’on s’y attend le moins. Les experts disent que le risque existe et est élevé, car de nouveaux agents pathogènes émergent constamment et le monde est très interconnecté.

Le milliardaire a averti clairement ce vendredi de l’existence « d’une probabilité importante d’une pandémie moderne et meurtrière qui se produirait au cours de notre vie. »

Le monde n’y est toujours pas préparé

Selon le Washington Post, alors qu’il parlait à la Massachusetts Medical Society et au New England Journal of Medicine, M. Gates a sonné l’alarme au sujet de la nouvelle grippe potentielle indiquant cette fois qu’elle pourrait éliminer 33 millions de personnes dans le monde en seulement six mois.

De nombreux experts s’accordent à dire que le monde n’est pas préparé en cas de pandémie ou de menace biologique. Les moyens déployés à ce jour ne sont pas assez agiles pour faire face aux mutations qui transforment soudainement un virus grippal en une souche particulièrement virulente, comme l’a fait la grippe de 1918 en tuant entre 50 et 100 millions de personnes dans le monde.

Même la grippe saisonnière sévère de cet hiver a suffi à submerger certains hôpitaux, qui sont allés jusqu’à installer des tentes à l’extérieur des salles d’urgence pour faire face au nombre ingérable des patients auquel ils ne sont pas encore préparés.

Si un agent pathogène hautement contagieux et létal comme la grippe de 1918 devait se propager aujourd’hui, M. Gates prévient que nous n’avons toujours pas de quoi y faire face citant une simulation réalisée par l’Institute for Disease Modeling pour montrer à quel point un nouveau virus grippal pourrait être fatal lorsqu’il est présenté à une population non préparée.

Le Global Priorities Project d’Oxford a publié un rapport en 2016 montrant qu’une pandémie naturelle, au même titre qu’une guerre nucléaire, sont les deux plus grands risques auxquels la civilisation mondiale est actuellement confrontée. Le milliardaire pense qu’une telle pandémie pourrait se déclencher dans les 10 à 15 années à venir.

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Colecamp. Flickr.

Tout serait entre les mains du gouvernement américain

Dans une interview récente, M. Gates a déclaré avoir soulevé la question de la préparation à la pandémie avec le président Donald Trump depuis 2016. Il a exposé encore une fois au président, dans une nouvelle réunion cette année, le risque croissant d’une attaque bioterroriste et a souligné l’importance du financement américain pour la recherche d’un vaccin universel contre la grippe, qui protégerait contre toutes ou la plupart des souches de virus grippaux.

Ce qui encore plus préoccupant pour Bill Gates, c’est de savoir que la technologie dont le monde dispose peut servir aussi bien à prévenir la propagation des virus, qu’à militariser les pathogènes à des fins terroristes.

« La prochaine épidémie pourrait provenir de l’écran d’un terroriste qui a l’intention d’utiliser le génie génétique pour créer une version synthétique du virus de la variole… ou une grippe super contagieuse et fatale», a averti M. Gates en 2016.

Malgré l’écoute que les hauts placés et que le président des États-Unis accordent aux alertes de M.Gates, il demeure très insatisfait.
« Nous devons aller plus loin que cela, mais il n’y a pas eu un gros effort dans ce sens. » a-t-il fait remarquer.

En attendant d’avoir plus de soutien de la part du gouvernement, un vaccin universel contre la grippe qui pourrait protéger contre la plupart des souches du virus est en cours de développement, grâce aux 12 millions de dollars versés par la Fondation de Bill et Melinda Gates, en partenariat avec la famille du cofondateur de Google, Larry Page.

«Mais même les meilleurs outils du monde ne suffiront pas, » a-t-il ajouté, « si les États-Unis n’ont pas de stratégie pour exploiter et coordonner les ressources au pays et aider à diriger un système mondial efficace de préparation et d’intervention. Aucun autre pays n’a l’expertise scientifique ou technique dont disposent les États-Unis. »