Lieux déserts, îles reculées, villages abandonnés ou terres de conflits internationaux : Autant de raisons qui poussent certains territoires à ne pas avoir de lois, se voyant ainsi obligés de composer avec les maigres moyens qu’ils détiennent pour garder un minimum de cohésion sociale.

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Si la société moderne veut que l’État fasse généralement partie intégrante de notre quotidien à l’heure actuelle (pouvoirs publics, institutions, législation…), il existe en revanche des lieux absolument coupés du monde tel que nous le connaissons où règnent la guerre, la misère et la famine pour certains, et une liberté totale pour d’autres.

Tantôt bénédiction, tantôt calvaire, voici les 8 lieux sur Terre exempts de lois :

8. Les régions tribales du Pakistan

United States Department of Defense.

Appelées officiellement FATA, ces zones tribales sont situées à la frontière du Pakistan et de l’Afghanistan.

Zones de non-droit d’une superficie de plus de 27 000 km², si elles sont administrées par le les administrations fédérales, elles ne sont pas régies par le gouvernement pakistanais : ainsi, ces régions tribales ne peuvent pas saisir de tribunaux ou créer de partis politiques par exemple.

De ce fait, cette zone frontalière est complètement délaissée par le gouvernement.

La violence et les tensions y sont très présentes et plus de 5 millions de personnes sont alors livrées à elles-mêmes, devant faire face tant bien que mal aux groupes terroristes, à la pauvreté et aux manques de moyens flagrants.

7. Le Sahara Occidental

United Nations Photo.

Situé au nord-ouest de l’Afrique, le Sahara Occidental fait partie des 16 zones considérées non autonomes par l’ONU depuis près de 55 ans.

Ainsi, d’un point de vue légal, cette région est sans administration et source de nombreux conflits politiques internationaux notamment entre le Maroc, le Polisario, l’Algérie ou les organisations telles que la Ligue Arabe ou l’Union Africaine : si le Maroc et la Ligue Arabe revendiquent le Sahara Occidental comme territoire Marocain, l’Union Africaine, le Polisario et l’Algérie soutiennent qu’il mérite son indépendance ou du moins son droit à l’autodétermination.

Actuellement, certaines villes ou villages du Sahara Occidental sont sous contrôle du Maroc tandis que 20 % sont administrées par la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) proclamée par le Front Polisario.

6. Les eaux internationales (ou Haute mer)

Coast Guard Compass.

Les eaux internationales regroupent toutes les zones maritimes qui ne dépendent pas des pays.

Il faut savoir qu’au-delà de 370 km, l’eau n’est plus la propriété des États côtiers et est ainsi considérée comme bien public : en effet, selon le Droit de la mer, les États ne disposent d’un droit économique sur l’eau que jusqu’à 200 milles marins (appelés « Zone Économique Exclusive).

De ce fait, ces eaux internationales sont définies en droit international comme étant des « Terrae nullius », que l’on peut traduire du latin par « Terres sans maître » ou encore « No man’s land » : ce statut juridique offre ainsi la possibilité à tous les Etats d’y pêcher, d’y circuler librement ou encore d’y faire des recherches scientifiques par exemple.

Malheureusement, si le principe des eaux internationales a l’air simple de prime abord, elles sont sources de nombreux conflits entre États ou continents comme c’est le cas pour l’Océan Arctique qui est considéré comme eaux intérieures par le Canada, la Norvège ou encore le Danemark mais qui en revanche sont proclamées internationales pour le reste du monde (notamment les Etats-Unis et les pays Européens), ou l’Océan Austral que seuls cinq États (notamment l’Australie) jugent comme étant Zone Économique Exclusive.

5. La Somalie

Wikimedia Commons.

Située en Afrique de l’Est, la situation politique de la Somalie se veut particulièrement chaotique depuis le début des années 90 : à la suite de la dissolution du gouvernement central en 1991, une guerre civile a amené de nombreux petits groupes à tenter de prendre le contrôle du pays au moyen de la violence et de la terreur qui n’a pour conséquence que la famine et la misère, laissant ainsi le peuple Somalien complètement dépourvu de cohésion sociale, politique ou économique.

Si une partie du Nord du pays arrive malgré tout à garder une certaine stabilité, le reste de la Somalie est ravagée par les effets de la piraterie, de la guerre et de la pauvreté qui ne cessent de faire des victimes.

4. Les îles Balleny

Antarctic Circumnavigation Expedition.

Situées en Nouvelle-Zélande, les îles Balleny forment un archipel de 400 km² et ont la particularité d’être totalement inhabitées, sauf par les manchots et les pingouins.

Découverte en 1839, si l’archipel est bel et bien néo-zélandais, il n’en reste pas moins totalement délaissé par le gouvernement : glacées tout au long de l’année et de type volcaniques, les îles Balleny ne sont que très peu visitées par les touristes et malheureusement difficiles d’accès.

3. Slab City

Wikimedia Commons.

Situé à proximité du lac Salton Sea au Sud de la Californie, Slab City est un site de campement en plein cœur du désert.

Si Slab City est si particulier, c’est parce qu’aucune règle ou norme sociale précise n’y est établie, que les campeurs y soient simplement de passage ou résidents toute l’année : ainsi, il ne comporte ni courant électrique, ni eau, ni aucun service public ou institution.

Coupé du monde et de la société moderne, Slab City offre la possibilité à ses campeurs de vivre en toute liberté, loin du système et sans que l’État Californien n’ait à intervenir, ce qui fait le bonheur des partisans de l’anarchie et des mouvements hippies qui vivent ainsi au gré de leurs envies et de leurs aspirations politiques, économiques ou spirituelles.

2. L’île Pitcairn

Wikimedia Commons.

Située en plein cœur de l’Océan Pacifique, l’île Pitcairn mesure 47 km² et ne compte pas plus d’une cinquantaine d’habitants à ce jour.

Territoire d’outre-mer britannique, l’île se veut ainsi régie par le Royaume-Uni même si elle est principalement autonome.

En effet, les habitants de l’île Pitcairn vivent en majeure partie de l’artisanat, des fruits et légumes qu’ils cultivent et consomment ainsi que des poissons qu’ils pêchent au large des côtes de l’île.

Juridiction la moins habitée au monde, l’île Pitcairn fait partie des territoires considérés non autonomes par l’ONU : difficile d’accès, l’île est isolée du monde et n’attire que rarement les touristes malgré la beauté de ses différents sites.

Le mode de vie y est plutôt rudimentaire et la population se veut de moins en moins nombreuse depuis les années 40 : les natifs de Pitcairn partent de l’île pour vivre ailleurs, travailler ou terminer leur études, sans jamais revenir.

1. La zone de Nutbush dans le Tennessee

Wikimedia Commons.

Situé au Sud-Est des Etats-Unis dans l’État du Tennessee, Nutbush fait partie des zones non constituées, c’est-à-dire qu’il n’est administré par aucun gouvernement local et n’est pas non plus considéré comme municipalité.

Cependant, il faut noter que les 259 habitants de Nutbush sont administrés par le comté de Haywood.

Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, lorsqu’un secteur n’est que très peu habité ou faisant partie d’une région rurale trop reculée loin des zones développées, il est alors considéré comme secteur non constitué pour en faciliter la gestion d’un point de vue administratif, quitte à ce qu’il n’ait aucun statut légal à part entière.


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