En tant que rois ou empereurs, le poids des responsabilités qui pèsent sur leurs épaules est on ne peut plus immense. Représentants absolus de toute une nation sur lesquels un peuple entier repose, il va sans dire que la tâche est de taille.

Évidemment, en contrepartie, il existe de nombreux avantages à être monarques, car en plus de posséder des fortunes inestimables, le moindre de leurs caprices est satisfait, sans que personne ne puisse contester.

Et à ce propos, il semblerait que les souverains de l’époque n’y allaient pas de mainmorte, si bien que certains de leurs désirs frisaient parfois la folie…

5. L’empereur Caligula et son cheval adoré

Gaius Julius Caesar Augustus Germanicus, ou tout simplement Caligula. Egisto Sani, Flickr

Empereur romain dont le règne n’a duré que 4 ans (de l’an 37 à l’an 41), Caligula a malgré tout marqué son passage sur le trône pour bien des raisons. Provocant et extrêmement effronté, il jouait sur la peur et l’angoisse pour être craint et se faire respecter de ses sujets.

Cependant, Caligula avait une faiblesse quelque peu singulière : son cheval.

Appelé Incitatus, l’empereur lui vouait une adoration tellement importante et passionnelle que tout son royaume en restait bouche bée.

Ainsi, Incitatus avait droit à un traitement tout particulier. Son maître lui a fait construire une maison, son écurie était en marbre et sa mangeoire fait entièrement d’ivoire.

Mais ce n’est pas tout, son régime alimentaire était composé de flocons d’avoine mélangés à de l’or.

Le traitant comme une personne à part entière, l’animal avait des esclaves, des meubles, des colliers sertis de pierres précieuses hors de prix et a même été nommé prêtre par l’empereur.

La veille des courses de chevaux auxquelles Incitatus participait, Caligula ordonnait à ses gardes de faire régner le silence dans toute la ville pour ne pas perturber le sommeil de son bien aimé.

Et peu de temps avant le trépas de l’Empereur, il avait déclaré avoir l’intention de nommer son cheval consul, le décrivant comme étant « la combinaison de tous les dieux ».

4. Le roi Charles VI et son corps de verre

Jeune Charles VI de France.
Public Domain, Wikipedia Commons

Roi de France de 1380 à 1422, Charles VI était surnommé « Charles le Fou », et pour cause, ce dernier était atteint de crises de folie, voire de schizophrénie d’après certains historiens.

Arrivé au pouvoir à l’âge de 11 ans, sa première crise de démence s’est déclarée à l’aube de ses 25 ans, le 5 août 1392. Alors qu’il parcourt la forêt du Mans à cheval auprès de ses soldats, un mystérieux passant s’arrête en les voyant et s’écrie : « Arrête Noble Roi, tu es trahi ! ».

Cette phrase qui ne veut absolument rien dire de prime abord semble pourtant avoir eu un impact sur le monarque, car c’est à ce moment précis que ses délires psychotiques ont commencé, sans jamais s’arrêter jusqu’à sa disparition en 1422. Ce jour-là, il a poignardé 6 de ses hommes, sans aucune raison apparente.

De retour au château, les choses ne se sont pas améliorées pour Charles VI. Bien que parfaitement conscient entre ses crises, elles n’en étaient pas moins étranges lorsque celles-ci se déclaraient.

La plus singulière d’entre elles est très certainement celle qui concerne son anatomie. Intimement persuadé que son corps était intégralement constitué de verre, il a demandé à ses couturiers de doubler tous ses vêtements avec des tiges de fer pour ne pas qu’il soit brisé en mille morceaux si quelqu’un s’approche de lui…

3. Le roi Henri VIII et son Porte-coton

Stephanie Buck, Hans Holbein, Cologne : Könemann, 1999, Wikipedia Commons

Alors qu’il a été l’un des rois les plus controversés de l’Histoire, Henri VIII, qui a gouverné le royaume d’Angleterre de 1509 à 1547, n’était pas connu uniquement pour sa tendance à faire décapiter ses femmes.

Mis à part le fait qu’il ait éliminé sans remords 5 de ses 6 femmes (la dernière ayant surement survécu parce que le roi est parti avant elle), Henri VIII jouissait d’un privilège quelque peu curieux ; un Porte-coton.

Contrairement à ce que nous pouvons penser, il ne s’agit pas là d’un objet, mais bien d’un assistant, dont la mission n’est autre que porter les gants du monarque pendant qu’il faisait ses besoins.

Surnommé « marié du tabouret », ou encore « palefrenier du tabouret », le Porte-coton était très apprécié du roi, qu’il décrivait comme étant « le plus grand gentleman de la chambre ».

Véritable « compagnon » des moments les plus intimes de l’homme le plus puissant du royaume, le Porte-coton faisait partie de la « gentry », autrement dit de la noblesse britannique, et se voyait confié des secrets que nul autre ne connaissait. Davantage considéré comme secrétaire que comme simple laquais ou domestique, il était même chargé de la politique financière et économique du pays.

2. Le Tsar Pierre le Grand et sa haine de la barbe

Peinture de Paul Delaroche, Public Domain, Goodfreephotos

Curieux, cultivé, ouvert d’esprit et avant-gardiste, Pierre le Grand est sans aucun doute l’un des tsars russes les plus audacieux que l’empire ait eu la chance de connaître.

Passionné par la culture européenne qui incarnait l’élégance et la finesse par excellence à l’époque, il est allé jusqu’à organiser une expédition de 24 mois en se faisant passer pour Pyotr Mikhailov, un soi-disant sergent de la marine, dans le but de s’imprégner le plus possible du mode de vie des pays d’Europe occidentale sans être reconnu.

Malheureusement pour lui, son faux personnage a vite été démasqué. notamment parce qu’il a laissé son empire sans tsar pendant son voyage qui a duré deux longues années, mais surtout parce qu’il mesurait 2,03 mètres de hauteur…

Mais ce n’est pas le plus drôle. Dès son retour, il a imposé à son peuple une loi un peu spéciale, qui interdisait notamment le port de la barbe pour faire « comme les aristocrates occidentaux ».

Ainsi, lors d’une soirée qui réunissait des personnalités très influentes, Pierre le Grand s’est littéralement rasé la barbe autour de la table, avant de raser celles de certains convives, sans même leur demander leur avis.

En outre, tous ceux qui ne voulaient pas respecter cette nouvelle règle impériale devaient s’acquitter d’un impôt sur la barbe pour pouvoir continuer à la porter.

1. L’empereur Mansa Musa et son goût pour la charité

Public Domain, Gallica Digital Library, Wikipedia Commons

Geste altruiste et preuve inconditionnelle de l’amour de son prochain, faire la charité est censé n’avoir que des avantages, sauf peut-être lorsque l’on est un empereur malien richissime du 14e siècle.

Souverain et homme le plus riche de tous les temps, la fortune de Mansa Musa est estimée à quelque 400 milliards de dollars actuels. Pour avoir un ordre d’idées, celle de Bill Gates tourne autour des 120 milliards.

Il était entre autres le premier producteur d’or au monde, métal précieux qu’il n’hésitait pas à distribuer en quantité astronomique aux plus démunis partout où il se rendait.

Ses dons étaient tellement généreux que sans le vouloir, il réussissait à mettre l’économie des pays qu’il visitait en péril, obligeant les dirigeants des autres empires et royaumes à dévaluer leur monnaie à cause de l’inflation provoquée par les aumônes de Mansa Musa.

Musulman de confession, ses nombreux pèlerinages à la Mecque ne passaient jamais inaperçus. Accompagné de 60 000 sujets vêtus de soie persane, un tissu normalement destiné aux plus aisés, ainsi que de dizaines de milliers d’esclaves recouverts d’or de la tête aux pieds, l’empereur offrait sans compter des kilos entiers de poussières d’or à tous ceux qui croisaient son chemin.


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