Quiconque a étudié les images renvoyées par les sondes spatiales et les rovers disséminés dans le système solaire s’est sans doute demandé à quoi cela ressemblerait de se tenir sur le sol d’un autre monde.

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Mais alors que le tourisme vers d’autres planètes n’est pas encore au rendez-vous, la Terre possède sa propre part de paysages extraterrestres. Si vous faites partie de ces aventuriers qui ne disent jamais « non », il serait peut-être temps d’aller faire ses valises, car il est tout à fait possible de les visiter, contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime à bord. Du moins, tant qu’ils existent encore…

10 – La Cathédrale de Marbre

Nicolás Lara/Wikipedia Commons

Sculptées dans les Andes de Patagonie, les Cuevas de Mármol ou « les grottes de marbre » sont situées sur une péninsule de marbre solide bordant le lac General Carrera, un lac glaciaire isolé qui s’étend sur la frontière entre le Chili et l’Argentine.

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Les bleus tourbillonnants des parois de la caverne, formés par plus de 6 000 ans de vagues frappant contre le carbonate de calcium, reflètent les eaux bleues du lac, dont l’intensité et la teinte changent en fonction du niveau de l’eau et de la période de l’année.

Situées loin de toute route, les grottes ne sont accessibles que par bateau, à partir de Puerto Rio Tranquilo. Des visites de 30 minutes sont organisées par une entreprise locale, si les conditions météorologiques et le temps le permettent. Mais, il est aussi possible, si vous préférez, de louer un kayak et de pagayer jusqu’à les lieux, bien qu’il faille payer plus cher.

La meilleure période de l’année pour visiter les grottes de marbre se situe entre septembre et février, lorsque la glace fondante nourrit le lac et que la couleur de l’eau est particulièrement turquoise. En heures, le meilleur moment pour faire une excursion en bateau est tôt le matin pour capter le bon éclairage et obtenir de superbes photos…

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9 – La Réserve naturelle de Tsingy

Ralph Kränzlein/Flickr

Le mot « tsingy » est une expression de la langue malgache désignant les badlands (ou les mauvaises terres) de Madagascar. Celui-ci peut être — drôlement — traduit par « là où on ne peut pas marcher pieds nus ».

Les Tsingy sont des plateaux karstiques où les eaux souterraines ont sapé les hautes terres, creusant des cavernes et évidant des fissures dans le calcaire. En raison des conditions locales, l’érosion est structurée verticalement et horizontalement. Dans plusieurs régions de l’ouest de Madagascar, centrées sur ce parc national ainsi que la réserve naturelle adjacente, la superposition de schémas d’érosion verticale et horizontale a créé de spectaculaires « forêts » d’aiguilles de calcaire.

Extrêmement difficile à parcourir, ce paysage a créé des refuges au sein « d’un refuge », où les espèces endémiques peuvent être subdivisées en poches pouvant être aussi petites qu’un seul pic de calcaire.

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À — presque — chaque expédition dans la région, une plante ou un animal auparavant non décrit est pour la première fois défini par la science. Des merveilles vous attendent à chaque tournant — si vos chaussures n’ont pas, jusque-là, été « mâchées » par le terrain dur et rude.

8 – Le Monument national des White Sands

Vadim Kurland/Flickr

Le vent et les dunes ondulantes du monument national des White Sands couvrent une superficie de 710 km carrés dans le Centre-Sud du Nouveau-Mexique. Il s’agit du plus grand champ de dunes de gypse au monde. Une étendue de blanc pur qui attire un flux constant de visiteurs depuis plus de 80 ans aujourd’hui…

Situé à la limite nord du désert de Chihuahua et au bord d’une base militaire américaine et d’un centre de test de missiles, ce parc national américain est aussi obscur que séduisant. Les promeneurs peuvent naviguer autour de diverses dunes vallonnées, faire des randonnées dans une réserve naturelle et même acheter des traîneaux pour monter et glisser dans les collines de sable blanc.

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Année après année, les champs de dunes les plus actifs sont capables de se déplacer vers le nord-est à une vitesse maximale de 10 mètres par an. Ces dunes anormales, formées de gypse pur (sulfate de calcium hydraté), sont nées d’un « lac éphémère ou playa à très haute teneur en minéraux » situé dans la partie ouest du monument.

À mesure que l’eau du lac s’évapore, elle laisse derrière elle des minéraux qui forment des dépôts de gypse. Ces derniers sont ensuite transportés par le vent et forment la mer de dunes en expansion constante.

On trouve également une réserve dans le parc, où l’on rencontre une gamme unique de plantes et d’animaux spécialement adaptés. Parmi les espèces les plus caractéristiques, on peut nommer le lézard sans oreilles, le renard nain, ainsi que l’Oryx gazelle non indigène, mais très adapté.

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Un sentier facilement navigable permet d’explorer ce paysage unique. Le cadre naturel miraculeux est un spectacle à vivre et, malgré la popularité du parc, il est remarquablement facile de trouver la solitude parmi la vaste blancheur.

7 – La Porte de l’Enfer

Wikipedia Commons

Dans le désert chaud et vaste de Karakoum au Turkménistan, près du village de Darvaza, qui compte 350 habitants, se trouve un trou de 120 mètres de large en feu depuis plus de 40 ans maintenant.

Bien que techniquement appelé le cratère de gaz Darvaza, les habitants le connaissent sous le nom de « Porte de l’Enfer ». Sa lueur ardente peut être vue à des kilomètres à la ronde.

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Le cratère a été créé en 1971 lorsqu’un appareil de forage soviétique a accidentellement percé une énorme caverne souterraine de gaz naturel, provoquant l’effondrement du sol et emportant la machine en question. Après la perforation d’une poche de gaz, des vapeurs toxiques ont commencé à s’échapper à un taux alarmant…

Pour parer à une catastrophe environnementale potentielle, les Soviétiques ont mis le feu à la flamme, pensant qu’il cesserait de brûler quelques semaines plus tard. Des décennies passées, la fosse de feu continue d’être et demeure toujours aussi puissante. On pense que l’appareil de forage soviétique se trouve toujours quelque part là-bas, de l’autre côté de la « Porte de l’Enfer ».

Étonnamment, malgré le nom inquiétant du cratère et ses flammes toujours actives, les gens continuent de marcher dans le désert pour assister au spectacle du site dans toute sa splendeur. Le gouvernement du pays espère qu’il deviendra vite un site touristique, sachant que le désert à proximité est déjà devenu un endroit populaire pour les camps sauvages.

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6 – Le géoparc de Zhangye Danxia

Eltonjohn1973/Pixabay

Qu’est-ce qu’on obtiendrait si nous venions à mélanger un arc-en-ciel à des roches ? Sans doute les reliefs de Zhangye Danxia.

Situé le long de la route de la soie dans la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, cet impressionnant ensemble de matériaux géologiques colorés attend ceux qui souhaitent le découvrir.

Des rouges, des oranges et des jaunes vifs rayent le long des montagnes en harmonie technicolor avec des rochers prétendument en forme d’animaux et de créatures mythiques. Ce parc géologique offre également plusieurs zones de randonnée et des points de vue panoramiques pour profiter pleinement des couleurs. Cela étant dit, les visiteurs n’ont pas besoin de « lutter » pour voir les rochers arc-en-ciel.

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Mais d’où nous viendrait ce panel de nuances ? La réponse n’est pas aussi magique qu’on pourrait l’espérer ; Il s’agit de différentes couches de grès datant de millions d’années. Avec l’érosion, le vent et le temps, des couches colorées se sont tout simplement formées.

Mais ce qui compte après tout, ce n’est pas la raison pour laquelle il existe des montagnes arc-en-ciel, mais qu’il y a bel et bien un tel endroit dans la nature, ici sur Terre.

Zhangye se trouve sur la ligne de chemin de fer Lanzhou-Xinjiang, et les reliefs de Zhangye Danxia sont accessibles par bus depuis Zhangye. Il y a aussi des autobus dans le parc qui nous emmènent entre les sites…

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5 – Les collines de chocolat

Wikipedia Commons

Si vous survoliez l’île de Bohol aux Philippines pendant la saison sèche, vous remarqueriez peut-être ce qui ressemble étrangement à des milliers de « baisers » au chocolat qui dépassent du terrain.

Ces monticules coniques mystérieux sont connus sous le nom de Chocolate Hills. Il y a environ 1 268 collines individuelles, dont la hauteur varie de 30 à 48-50 mètres, bien que la plus haute atteigne près de 121 mètres. Celles-ci — presque toutes symétriques — sont constituées de calcaire recouvert d’herbe et deviennent brunes pendant la saison sèche.

Malgré l’abondance de ces coteaux, on ignore toujours comment ils se sont formés. Il existe néanmoins de nombreuses explications géologiques allant de l’activité des volcans océaniques à l’altération du calcaire. Selon une théorie récente, un ancien volcan s’est auto-détruit et en a été dispersé dans le territoire.

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Bien sûr, on compte aussi de nombreuses légendes et histoires qui tentent d’expliquer les Chocolate Hills. L’une concerne des buffles géants qui sont venus et ont ravagé la région, mangeant et détruisant toutes les cultures. En guise de vengeance, les habitants ont laissé de côté les cultures gâtées. Quand les buffles les mangèrent, ils tombèrent malades et laissèrent derrière eux des tas d’excréments, ce qui donna un nouveau sens au nom donné à cette étendue insolite.

4 – Le Salar d’Uyuni

Wikipedia Commons

Réparti sur 11 000 km carrés, le Salar d’Uyuni est le plus grand salar (ou désert de sel) du monde. Une feuille sans fin de tuiles hexagonales (créées par la nature cristalline du sel), parsemées de pyramides de sel, les salines de Bolivie sont une prestation éblouissante de la magie infinie de la nature.

Malgré la sècheresse des lieux, les températures nocturnes glaciales et le soleil intense du désert, ce paysage n’est pas dépourvu de vie ; Flamants roses, anciens cactus et rares colibris vivent tous dans le Salar de Uyuni.

Pendant la saison des pluies, le désert de sel se transforme en un immense lac salé, profond de 15 à 50 centimètres, traversable par bateau et par camion. Incroyablement, le lac reflète parfaitement le ciel, créant d’étranges illusions de l’infini.

Plus étonnant encore, au milieu de ce dernier se trouve un hôtel entièrement construit — naturellement — de sel. Fabriqué à partir de briques de sel liées au mortier de sel, celui-ci et tout ce qui se trouve à l’intérieur, y compris les chaises et les tables, sont faits de ce composé.

Bien que Playa Blanca n’ait pas d’électricité et ne dispose que de peu de commodités (son eau doit être acheminée par camion), il offre des qualités encore plus importantes et certainement plus rares ; un silence complet, une beauté austère totale et une vue imprenable sur le ciel nocturne.

Les lacs Laguna Colorado et Laguna Verde (qui ne se trouvent pas très loin) valent également le détour. Laguna Colorada est un lac aux teintes rouges rempli de milliers de flamants roses, tandis que Laguna Verde est un lac salé bleu vert situé au pied du volcan Licancabur. Sa couleur aquatique changeante est causée par des sédiments de cuivre et des micro-organismes vivant dans le lac.

3 – La plage rouge de Panjin

Raj Pillay/Pxhere

En regardant à travers la plus grande zone des zones humides du monde, la bande de flores marécageuse qui pousse dans les eaux peu profondes du comté de Dawa, en Chine, est d’une écarlate sans pareil. Un vaste paysage luxuriant entouré d’une beauté astronomique de « mauvaise herbe rouge », comme si on se trouvait sur Mars.

D’ailleurs, selon Nicolas Camille Flammarion, astronome et auteur français, la raison pour laquelle Mars est rouge reviendrait à la végétation « rouge » qui y pousse.

En dépit de son apparence surnaturelle, les herbes peu communes de ce marais chinois ont une origine « trop » terrestre, bien qu’elle soit encore rare. La plante est en réalité une forme de Chenopodium, un genre des Amaranthacées. Cette espèce spécifique est unique, car elle a la capacité de prospérer dans un sol alcalin.

Cet autre paysage terrestre est aussi connu sous le nom de « patrie des gruidés ». À savoir la grue à couronne rouge, qui fait partie des plus rares des échassiers. Cet animal gracieux est connu pour être un symbole de chance, de longévité et de fidélité.

Protégé par le gouvernement, les touristes peuvent se promener parmi les rares roseaux via des passerelles en bois spécialement aménagées qui s’étendent au-dessus du fragile écosystème. Il est peu probable que cet endroit ait été une inspiration pour les mauvaises herbes de HG Wells dans War of the World, mais le site n’en est pas moins surnaturel. La région prospère avec le plus grand marais à roseaux du monde, reproduit sur du papier semblable à un papyrus, idéal pour écrire des histoires de science-fiction.

2 – La grotte des Cristaux

Wikipedia Commons

En 1910, dans la mine de Naica au Mexique, la société minière Penoles découvrit ce qui allait être connu sous le nom de « Cueva de Las Espadas » ou « grotte des épées ». Celle-ci était un couloir de 80 mètres rempli de gigantesques cristaux de sélénite (gypse) atteignant 2 mètres de long.

Malheureusement, la grotte, située à 120 mètres sous terre, a été ouverte à l’exploration et au tourisme, détruisant de nombreux cristaux.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, deux mineurs travaillant sur un tunnel de fouille situé à 300 mètres au-dessous de la surface de la Terre ont découvert une autre grotte, beaucoup plus grande. Ici, les cristaux mesuraient jusqu’à 12 mètres de long avec un monocristal pesant environ 55 tonnes. C’était les plus gros cristaux jamais vus sur le site. La grotte a été appelée « Cueva de Los Cristales » ou « grotte de cristaux ».

Il y a des millions d’années, l’activité volcanique a rempli la montagne d’anhydrite, une forme de gypse sans eau. À mesure que le magma se refroidissait, l’anhydrite commençait à se dissoudre, enrichissant les eaux des cavernes et permettant la formation de cristaux gigantesques. Étonnamment, la taille des cristaux est illimitée et, si on leur laisse le temps nécessaire, leur taille sera encore plus grande.

La température de l’air est de 50 °C avec une humidité relative de plus de 90 %, ce qui donne une sensation d’air de 105 °C (228 °F). Cela empêche le corps de se refroidir. En raison de ces conditions difficiles, les scientifiques et les chercheurs doivent porter une combinaison de refroidissement spéciale et ne peuvent pas rester plus de 30 à 45 minutes dans la grotte. Il y a très peu d’autres endroits dans le monde où de tels cristaux ont été aussi bien conservés dans leur forme la plus pure.

Malheureusement, les grottes, y compris la grotte des épées la moins profonde, sont complètement fermées aux visiteurs pour le moment, en raison des risques encourus par les cristaux et les touristes, bien que certaines personnes ayant des liens avec les scientifiques ou le gouvernement aient réussi à y pénétrer…

1 – Wadi Rum

Elias Rovielo/Flickr

En temps normal, lorsqu’on pense au désert, on imagine des étendues de sable et de poussière sans fin. Mais la vallée du désert du Wadi Rum situé en Jordanie, également connue sous le nom de « vallée de la Lune », nous offre beaucoup plus. Un voyage dans ce paysage antique pourrait être décrit comme un voyage dans un lieu vaste, silencieux et intemporel.

Dans cette vallée aride, magnifiquement creusée par l’eau et le vent au fil des millénaires, vous découvrirez des paysages fabuleux et préservés, composés de hautes dunes, de montagnes Rocheuses aux formes incroyables, de canyons étroits aux mille nuances de couleurs, de sources d’eau entrelacées entre les hauteurs, d’arches rocheuses impressionnantes, de gravures rupestres vieilles de 4 000 ans et de nombreux autres trésors exceptionnels…

L’une des principales attractions de la région est les « ruines de la maison » où, selon la légende, Thomas Edward Lawrence, alias « Lawrence of Arabia », aurait vécu pendant la révolte arabe contre les Ottomans pendant la Première Guerre mondiale.

Un autre site historique est celui des inscriptions d’Anfaishiyya ; des gravures à l’eau-forte représentant des chameaux, des guerriers et des animaux couvrent une partie de l’énorme rocher, rappelant que ces régions sont habitées depuis des dizaines de milliers d’années.

Parmi les nombreuses merveilles naturelles, on peut citer les dunes Al-Hasany, les monticules de sable les plus spectaculaires du Wadi Rum. Et bien qu’elles occupent un espace relativement restreint, elles s’élèvent sur plusieurs mètres s’accumulant sur les pentes du mont Jebel Umm Ulaydiyya.

En outre, l’Ain Ash-Shallalah, ou « la source de Lawrence », une grotte dans laquelle l’eau jaillit de la végétation luxuriante située au-dessus, tandis que son intérieur est orné de sculptures anciennes travaillées en arabe et empli d’un parfum de menthe.

Ne manquez pas non plus le pont rocheux de Burdah, un pont naturel spectaculaire d’une hauteur de 60 mètres, à couper le souffle. Pour les voyageurs les plus courageux, il est également possible d’atteindre le sommet des montagnes, à condition d’y emmener un guide.


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