Vous avez retiré vos amygdales ? Nous avons une très mauvaise nouvelle pour vous


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Si avoir des enfants peut être la plus belle chose au monde, ce n’est pas toujours naturel ni évident de savoir bien faire les choses. Le fait d’avoir un ou plusieurs enfants représente à lui seul une responsabilité sans pareille. Quoi de plus stressant et inquiétant que de voir son bébé ou bambin souffrant, malade ou même affaibli.

Tout parent craint les maladies qui surviennent dans la petite enfance mais surtout les urgences pédiatriques et leurs répercussions sur la santé de leur petit, surtout à long terme.

Interventions banales, lourdes conséquences

Une équipe de chercheurs internationale a pris l’initiative de mener une étude sur un cas très particulier : les conséquences à longs termes de l’ablation des amygdales et des végétations.

Pendant plusieurs années, des millions d’enfants à travers le monde ont eu recours à des interventions chirurgicales dont le but était d’enlever les amygdales et les végétations adénoïdes. Ces structures tissulaires lymphatiques servent essentiellement comme première barrière immunitaire. La fonction de cette dernière est plutôt simple et essentielle : contrer les pathogènes, souvent virus et bactéries, pour les empêcher de pénétrer dans le système respiratoire.

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Cette réponse immunitaire primaire conduit souvent à une inflammation chronique qui pose beaucoup de problèmes à un enfant en pleine croissance. Le corps médical a longtemps pensé que la présence ou absence de ces tissus revenait au même, de ce fait, leur ablation est devenue très courante voire même banale. Les effets à court termes, tels que la diminution des douleurs de gorges et des infections de l’oreille, l’amélioration de la respiration et du sommeil, justifient ce recours quasi-systématique à l’intervention chirurgical.

Toutefois, l’étude pionnière publiée dans JAMA Otolaryngology-Head & Neck Surgery semble apporter des preuves de divers problèmes engendrés par cette pratique universellement répandue.

Le Dr Sean Byars de l’Université de Melbourne, le Pr Jacobus Boomsma de l’Université de Copenhagen et le Pr Stephen Stearns de l’Université de Yale ont dirigé ce projet de recherche très représentatif. En effet, l’étude a pris en considération des données et des dossiers médicaux d’environ 1,2 million de personnes de nationalité danoise. Les patients étaient suivis depuis la naissance jusqu’à l’âge de 10, voire jusqu’à 30 ans pour certains cas particuliers.

Le suivi, les observations et l’analyse s’étaient effectués entre 1979 et 1999, impliquant 60 400 enfants ayant subi une amygdalectomie, une adénoïdectomie ou les deux à la fois, comparés à ceux n’ayant subi aucune intervention, appelés contrôles.

Des risques importants

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Les résultats de la première étude collaborative dans son genre étaient prévisibles pour certains, mais fort étonnants pour d’autres.

« Nous avons calculé les risques de maladies selon que les végétations adénoïdes, les amygdales ou les deux ont été éliminés au cours des 9 premières années des participants à l’étude. Le choix de cette tranche d’âge correspondait aux années les plus actives de ces tissus lymphatiques à fonction immunitaire. » a expliqué Dr Byars.

Des risques, du plus banal au plus sévère, étaient associés à ce type d’intervention chirurgicale, d’après les résultats de la recherche.

Le risque de développer des infections des voies respiratoires supérieures était triplé chez les personnes ayant eu recours à des amygdalectomies infantiles. Les experts parlent surtout de rhume et grippe, de rhinite et de bronchite et de certains types d’allergies. Les résultats deviennent plus parlants en abordant des risques augmentés de 50 % concernant la pneumonie, l’asthme et plusieurs infections chroniques chez les mêmes participants.

L’ablation des végétations adénoïdes était, elle, associée à la maladie pulmonaire obstructive chronique, et même à la conjonctivite en plus des soucis médicaux précédemment soulevés. Ces derniers comptent quelques 28 différents types de pathologies, incluant des infections parasitaires, dermiques et oculaires.

Selon les scientifiques, les médecins doivent examiner tous les choix qui s’offrent à eux avant d’opter pour la chirurgie. Si les alternatives ne sont pas intéressantes, il est important de repousser l’intervention afin de laisser le système immunitaire de l’enfant se développer normalement.

« Étant donné que les amygdales et les adénoïdes font partie du système lymphatique et jouent un rôle clé dans la formation du système immunitaire pendant l’enfance et la petite enfance, il n’est pas surprenant que leur ablation puisse interférer avec la détection des pathogènes ce qui augmentera le risque de développement de maladies respiratoires et infectieuses à l’âge adulte. », concluent les chercheurs.