Dans la vie quotidienne, nous intégrons le plus souvent des gestes qui nous facilitent l’existence. Il s’agit de pratiques que nous adoptons inconsciemment, et qui deviennent dès lors des habitudes. Seulement, nous ne nous demandons peut-être jamais quelles pourraient être les répercussions de nos actions sur l’environnement, même si cela semble insignifiant et anodin. 

Et bien, nous serions étonnés de découvrir que ce que nous avons tendance à sous-estimer pourrait être très impactant. Par exemple, écraser une canette de soda est un geste rapide et simple pour économiser de l’espace, mais qu’en est-il des conséquences à plus grande échelle ?

Ce que nous ignorons sur le sort de nos canettes de soda 

Les canettes en aluminium sont destinées au recyclage après leur utilisation, dans des centrales spécialisées. Toutefois, leur forme broyée entrave le processus de traitement et risque de se mélanger au mauvais flux de recyclage. En d’autres termes, cela s’explique par le système de recyclage américain, qui adopte deux méthodes différentes : le recyclage à flux unique, et à flux multiple.

Dans le premier processus, tous les matériaux sont contenus dans un seul bac, les canettes en aluminium sont extraites par courant électrique dit « courant de Foucault ». Matt Meenan, Directeur principal des affaires publiques de l’Association de l’aluminium, explique alors que la petite taille des bouteilles métalliques broyées rend leur tri difficile, et elles se perdent généralement dans les décharges.

D’autre part, le recyclage à flux multiple filtre les matériaux recyclables avant la collecte, dans ce cas-là, les bouteilles en aluminium écrasées peuvent aider à économiser de l’espace, et sont d’ailleurs plus efficaces pour le transport vers les centrales de récupération.

Les gestes à privilégier dans une perspective de développement durable

Visiblement, cette méthode est plus appropriée et mieux équipée pour traiter l’aluminium, mais des recherches antérieures ont montré que le recyclage à flux unique se fait à plus grande échelle et réduit alors les coûts de collecte.

Par contre, le processus ne réduit pas la quantité de déchets dans les décharges, en particulier à cause du taux élevé de contamination, à savoir les couches usées, les seringues cassées et les piles. Ceci élève à 25 % le pourcentage des matériaux « recyclables » qui finissent à la décharge, ce qui rend le rapport coût-avantage du recyclage à flux multiple compliqué à définir.

Aux États-Unis, le recyclage par flux multiple concerne 60 % du programme total. 

U.S. Air Force photo/Airman 1st Class Matthew Lotz

Selon l’EPA, sur les 1,8 million de tonnes d’emballage d’aluminium en 2015, 670 000 tonnes ont été recyclées contre 940 000 placées en décharge. Devant une telle différence, certaines conduites sont de rigueur pour optimiser la situation. Selon l’Agence américaine de protection de l’environnement, les citoyens devraient appeler le service de recyclage local pour envisager d’écraser ou non leur canette en aluminium. 

Il est à noter que les bouteilles doivent être complètement vides, afin d’être mises dans le bon bac, selon Susan Robinson, Directrice des affaires publiques fédérales de Waste Management. Les bombes aérosol en aluminium sont également à éviter au risque de provoquer une explosion.

Enfin, afin de mettre en valeur l’importance du recyclage, Meenan souligne qu’il faut 90 % d’énergie supplémentaire pour produire de l’aluminium neuf, comparativement au matériau recyclé, et l’avantage des canettes est justement le fait qu’elles sont exploitables indéfiniment selon un cycle fermé.


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