Les dernières années ont été témoin de nouvelles découvertes qui ont élargi nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau. Néanmoins, la complexité impressionnante de cet organe explique que de nombreux aspects de l’esprit demeurent inconnus.

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La maladie de Huntington est une pathologie cérébrale héréditaire qui provoque la destruction des cellules nerveuses. En explorant de potentielles molécules thérapeutiques, les chercheurs ont compris ce qui se passe réellement lors d’un phénomène jusque-là mystérieux : le « k-hole ».

Le « k-hole » se définit comme une séparation entre l’esprit et le corps — une expérience très proche de la mort —, un oubli intense, suivi d’un état de sérénité. 

Lors d’une étude, des scientifiques en Angleterre ont administré une dose élevée de kétamine, substance analgésique et anesthésiante, à un groupe de 20 moutons. Jenny Morton, auteure principale du projet et Professeure de neurobiologie à l’Université de Cambridge, déclare que cela a été sans dommages ni altérations des fonctions physiologiques, comme la respiration.

Sur une période de plusieurs mois, les chercheurs ont d’abord injecté à 12 moutons, des quantités croissantes de kétamine, allant de 0,5 mg/kg à 24 mg/kg. Durant l’expérience, les ondes cérébrales émises par le cerveau ont été mesurées par électroencéphalographie (EEG). 

Aux plus faibles doses, il a été constaté un passage par trois phases. Lors de la première, les moutons ne pouvaient pas bouger, mais gardaient toujours les yeux ouverts et la capacité de les cligner.

Meporg/PsychoWiki

Lors de la deuxième phase, leur motricité était toujours nulle, mais ils réagissaient aux stimuli environnementaux tels que le toucher. Pendant la dernière étape, le groupe restait immobile, mais était plus éveillé et conscient d’après les signaux de l’EEG.

Cependant, les manifestations inhabituelles de l’activité cérébrale ont eu lieu lors de la deuxième phase, marquée par un pic de kétamine. Ce laps de temps est caractérisé par des fluctuations entre les ondes de fréquences inférieures (thêta) et celles de fréquences supérieures (gamma). Une telle modification de l’activité cérébrale serait donc à l’origine de l’effet dissociatif de la kétamine.

D’autre part, les scientifiques ont administré des doses assez élevées de la substance aux 6 moutons restants. Cette fois-ci, le dynamisme nerveux s’était complètement arrêté, peu de temps après l’injection. 

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Le cortex cérébral joue un rôle prépondérant dans la conscience et la prise de décision. Le fait que la kétamine soit une substance affectant ces fonctions justifie largement l’insensibilité occasionnée lors de l’expérience, mais également la sensation désirée chez les abuseurs de cette « drogue ».

Il est déjà connu que la kétamine inhibe les récepteurs NMDA dans le cerveau, d’où son usage pour l’anesthésie. Néanmoins, cela ne suffit pas à expliquer son action anti-dépressive, décrite aussi comme apaisante.

Après le réveil des moutons, Morton remarque que les oscillations entre les ondes cérébrales inférieures et supérieures persistaient toujours. Ceci soulève alors d’autres questions sur les effets de la kétamine, et appelle à des recherches plus approfondies de son mode d’action.


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