Le bâillement est un geste tout à fait naturel quand on a sommeil. Il peut être une façon d’exprimer une sensation de fatigue chez l’homme, mais aussi chez certaines espèces animales.

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Cependant, ce qui est beaucoup plus inhabituel c’est que cela puisse être contagieux, et encore moins lorsque ce comportement passe d’une espèce à une autre. On pensait que les chiens et les chimpanzés étaient les seuls à pouvoir nous imiter sur ce point précis, mais les éléphants viennent de démentir cette hypothèse.

Selon une nouvelle étude, publiée dans la revue Frontiers in Veterinary Science, ces créatures sont capables de capturer le bâillement de leur maître, et il semblerait que cela soit un témoignage d’empathie.

Dans ce sens, le premier cas d’éléphant ramassant le bâillement de son propriétaire a été observé en 2017, par Zoë Rossman, de l’Université du Nouveau-Mexique.

Après cette expérience, Rossman et ses collègues du Knysna Elephant Park, un centre de sauvetage sud-africain pour les éléphants, ont voulu en savoir plus. C’est pourquoi ils ont décidé de vérifier si cet évènement n’était pas dû au rapprochement tant physique que moral entre un éléphant et un humain.

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Pour cela, ils se sont intéressés à quelques-uns des chouchous des gardiens de l’établissement. Pendant le test, qui avait duré une quinzaine de jours, des manieurs de Knysna faisaient semblant de bâiller pour voir si les bêtes en feraient autant. Au début, ils étaient plutôt sceptiques, puis ils ont vite changé d’avis en voyant leurs efforts couronnés de succès.

Parmi les 10 éléphants d’Afrique que les chercheurs ont étudiés pendant 13 nuits consécutives, neuf présentaient des cas de bâillement contagieux intraspécifique ; c’est-à-dire, entre les membres de la même espèce. Dans ce cas, les experts affirment que c’est parfaitement compréhensible, voire prévisible, que ces êtres d’une sociabilité évidente, fassent preuve d’une telle interaction entre eux.

Par ailleurs, ils ont constaté que sept d’entre eux essayaient de bâiller avec des humains, dont trois de ces tentatives étaient des réponses à leurs maîtres.

Cette fois, l’attitude était qualifiée d’interspécifique ; autrement dit, entre différentes espèces. Les auteurs de l’article estiment que les éléphants venaient bel et bien de « rattraper » le bâillement de leurs « amis » dresseurs.

Ils expliquent qu’il est primordial de tout faire pour préserver ce lien privilégié entre ces mammifères et leurs éleveurs. Pour cela, ils recommandent une approche particulière, surtout pour les éléphants captifs.

Ces nouvelles informations sont d’une importance capitale pour les futures recherches dans ce domaine.


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