Que ce soit pour la production de chaleur ou d’électricité, la production de plutonium à usage militaire, ou la production d’isotopes radioactifs dans le domaine de la recherche et en médecine nucléaire, les réacteurs nucléaires ont une place et une importance considérables dans le monde moderne d’aujourd’hui.

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Il existe en effet 447 réacteurs opérationnels aux 4 coins du monde. Mais ces dispositifs peuvent également être responsables de désastre humanitaire et écologique, comme ce fût le cas à Tchernobyl en 1986 et à Fukushima en 2011.

Cependant, ces catastrophes ont obligé les gouvernements à durcir les lois en matière de sécurité nucléaire…

Un réacteur en service depuis près de 40 ans.

Une séquence vidéo qui provient de l’intérieur d’un réacteur d’une centrale nucléaire écossaise a révélé pas moins de 350 fissures dans les briques. Ces brèches pourraient rendre la fermeture impossible en cas d’urgence.

La compagnie d’électricité EDF, propriétaire de la centrale électrique Hunterston B qui se trouve dans le comté d’Ayrshire, à près de 40 kilomètres de Glasgow, a publié des images et vidéos montrant la formation de fissures à l’intérieur des briques en graphite du réacteur.

Ces briques sont utilisées au cœur des réacteurs nucléaires afin de ralentir les neutrons et de maintenir la stabilité de la réaction. Elles servent aussi à canaliser le dioxyde de carbone utilisé pour refroidir celle-ci. Ceci explique l’importance des briques dans la sécurisation des installations.

Il est normal que des fissures se produisent avec le temps, qui plus est quand la station est ancienne comme c’est le cas de Hunterston B qui a été construite en 1970. Néanmoins, l’année dernière, la compagnie d’électricité a découvert que le réacteur 3 comportait 370 fissures sur un total d’environ 3 000 briques (la limite de sécurité étant fixée à 350).

Le réacteur a donc été mis hors service et ne produit plus d’électricité depuis 1 an. La limite, fixée par l’Office de Régulation Nucléaire (ONR), sert à garantir un arrêt en toute sécurité du réacteur en cas d’urgence.

Brique de graphite, EDF

Vers une hausse de la limite de fissures ?

« Nous devons prouver que le réacteur pourra toujours être arrêté même en cas de tremblement de terre de grande envergure », avance à la BBC Colin Weir, Directeur de la station. « Nous avons dirigé l’une des plus grandes campagnes jamais menées sur le réacteur 3, la modélisation a été renouvelée, et des expériences et tests ont été effectués. Tout ceci a été analysé et sera soumis dans un dossier de sécurité à l’ONR. »

EDF prévoit de plaider auprès de l’ONR pour porter la limite opérationnelle à 700 fissures puis redémarrer le réacteur.

En Grande-Bretagne, les 14 réacteurs à refroidissement par gaz sont munis de briques en graphite. La décision prise concernant la limite de brèches dans ce réacteur peut donc peser sur la production énergétique globale du royaume. D’où l’intérêt de comprendre de manière détaillée le graphite et ses limites de sécurité.

Pour l’heure, la centrale de Hunterston B fournit assez d’électricité pour l’alimentation de 1,8 million de foyer, et elle devrait rester opérationnelle jusqu’en 2023.

 


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