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Une trouvaille dans des dents anciennes nous dévoile une vérité surprenante sur les femmes du Moyen Âge


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Monica Tromp.

Généralement, lorsque nous imaginons la place que pouvaient occuper les femmes au Moyen-âge, nous pensons automatiquement à de parfaites maîtresses de maison qui ne se chargent que des tâches domestiques et de l’éducation des enfants.

Il faut dire qu’encore aujourd’hui, les inégalités entre les deux sexes se ressentent beaucoup, et ce dans de nombreuses communautés.

Mais une découverte surprenante vient ébranler tous les aprioris que nous pouvons avoir sur cette période de l’humanité.

En effet, contre toute attente, il semblerait qu’à cette époque, les femmes n’étaient pas forcément considérées comme de simples « génitrices » et avaient une place importante au sein de la société…

Une révélation insoupçonnée

Menée par une large équipe d’archéologues et d’historiens de l’Université de York (Angleterre) et de l’Institut Max Planck (Allemagne), une étude a permis de mettre en exergue le rôle probable que jouait la femme durant le Moyen-âge.

Alors qu’ils ont analysé le squelette d’une femme datant du 12e ou 13e siècle retrouvé à l’intérieur d’un monastère féminin en Allemagne, ils sont tombés sur quelque chose de plutôt inattendu : examinées par des microscopes dernier cri et divers outils spectrographiques, il s’avère que ses dents sont pratiquement toutes incrustées de pigments dits lapis-lazuli.

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C. Warinner, Science Advances

« Sur la base de la répartition du pigment dans sa bouche, nous avons conclu que le scénario le plus probable était qu’elle peignait elle-même avec le pigment et léchait l’extrémité du pinceau en peignant » affirme la Professeure en bioarchéologie et auteure principale de l’étude Monica Tromp.

Le lapis-lazuli, qui est initialement une pierre précieuse, n’est autre que le nom de la couleur que l’on donne au bleu outremer que l’on obtient lorsqu’elle est broyée.

Sauf que durant le Moyen-âge, ce pigment était réservé uniquement aux plus grands peintres et aux écrivains reconnus et appréciés.

Fabriqué exclusivement en Orient, du côté de l’actuel Afghanistan, il était importé à un prix exorbitant et n’était, à fortiori, pas à la portée de tout le monde.

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C. Warinner, Science Advances

Un véritable casse-tête pour la communauté scientifique

La question qui se pose alors est celle de savoir pourquoi est-ce que cette mystérieuse femme avait-elle donc le privilège d’utiliser cette encre hors de prix…

« L’utilisation précoce de ce pigment par une femme religieuse remet en cause les hypothèses répandues concernant la production de textes à caractères sacrés. […] Ici, nous avons des preuves directes d’une femme ; pas seulement en train de peindre, mais de peindre avec un pigment très rare et coûteux, et dans un endroit très isolé » rappelle la Professeure en sciences archéologiques Christina Warriner.

Surpris, les chercheurs sont intimement persuadés que même si les femmes n’étaient clairement pas au-devant de la scène dans la société civile ou religieuse durant le Moyen-âge, les inégalités hommes-femmes n’étaient pas aussi marquées que nous voulons bien le croire.

Car contrairement à notre ère, où la reconnaissance de soi est une notion primordiale, il faut savoir que de nombreux artistes du millénaire précédent ne signaient que très rarement leurs œuvres, en signe d’humilité.

D’après l’équipe de scientifiques, il s’agit là d’un phénomène qui était plus répandu chez la gent féminine, ce qui expliquerait en partie pourquoi cette inconnue qui vivait recluse dans un tout petit monastère de campagne disposait de ce matériel luxueux.

« L’histoire de cette femme aurait pu rester cachée pour toujours sans l’utilisation de ces techniques. Je me demande combien d’autres artistes nous pourrions trouver dans des cimetières médiévaux… » conclut la Professeure Warriner, qui ne compte pas arrêter ses recherches en si bon chemin.