C’est un fait : l’autisme touche davantage les garçons que les filles. Mais jusqu’à présent, nous ne savons toujours pas pourquoi…

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Dans le cadre d’une ancienne étude, Simon Baron-Cohen a développé la théorie du cerveau hyper-masculin (extreme male brain, EMB) suggérant que des taux élevés d’hormones prénatales dans l’utérus peuvent conduire ultérieurement à des traits hyper-masculins, tels qu’une capacité réduite à lire les émotions chez les autres.

Plus précisément, ceci appuierait le rôle de la testostérone dans la réduction de l’empathie cognitive, trait typiquement altéré dans les troubles du spectre autistique.

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C’est l’une des hypothèses les plus populaires, mais également l’une des plus controversées et il se trouve que désormais celle-ci est sévèrement critiquée par une nouvelle étude assez convaincante…

L’EMB s’est fait contredire sur plusieurs plans : d’abord, sur la dangerosité à manipuler la testostérone prénatale chez l’homme qui fait que la plupart des études antérieures sur le rôle de la testostérone reposent uniquement sur des corrélations.

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Ensuite, sur le fait que les recherches la concernant sont en grande partie réduites et reproduites de manière incohérente. Celle co-écrite par Baron-Cohen en 2011 n’a, par exemple, été menée que sur 16 jeunes femmes qui réduisaient à la passation du Test de lecture de l’esprit dans les yeux (RMET).

Et pourtant : « Les gens ont fait référence à cette étude originale comme s’il s’agissait d’un tremplin solide », a déclaré Amos Nadler, neuroéconomiste à l’Université de Toronto.

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Une idée controversée sur l'autisme vient d'être infirmée par une nouvelle étude majeure - psychologie - trouble, théorie, relations, psychologie, lien, Hypothèse, grossesse, garçons, filles, enfant, cognition, Biologie, autisme, Adulte
Camp ASCCA/Flickr

Nadler et ses collègues ont mené deux études contrôlées randomisées avec des échantillons 15 à 25 fois plus importants que ceux de l’étude originale de 2011.

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Les chercheurs ont administré de la testostérone ou un placebo à 643 participants exclusivement masculins — car ceux-ci sont environ 4 fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic d’autisme.

« Nos recherches montrent qu’il n’y a pas de relation de cause à effet entre les niveaux de testostérone et la capacité de comprendre les pensées et les sentiments des autres », a déclaré Nadler à ScienceAlert.

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« D’après ce que nous savons, il semble que si la testostérone a une influence, l’effet est complexe, et non linéaire. La réalité n’est généralement pas si simple » explique Gideon Nave, chercheur en marketing à l’Université de Pennsylvanie.

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Peter Bos, qui étudie l’influence des hormones sur notre cerveau à l’Université de Leiden, est d’accord pour dire que « cette histoire est plus complexe que nous ne le pensions auparavant ».

Il trouve la nouvelle étude convaincante, mais il estime que nous devrions faire très attention à ce que cela implique.

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Après tout, les chercheurs n’ont pas examiné directement les traits autistiques et il reste surprenant que les femmes ne soient pas incluses dans une étude de cette envergure.

La testostérone est considérée comme un facteur important dans la formation des différences entre les sexes, nous ne pouvons présumer que les effets des stéroïdes sont similaires chez les hommes et les femmes.

Les hommes, et en particulier ceux présentant des caractéristiques autistiques élevées, peuvent présenter des résultats médiocres aux tests d’empathie cognitive qui ne vont pas s’aggraver après une dose de testostérone. Alors que les femmes ont tendance à avoir une réponse plus forte à la testostérone, car elles ont un plafond plus élevé.

Quoiqu’il en soit, il y a lieu d’espérer qu’une compréhension de la manière dont des hormones spécifiques contribuent au TSA pourrait amener, avec des recherches et des tests supplémentaires, à la mise au point de nouveaux traitements prometteurs pour réduire les principaux déficits sociaux des patients.

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