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Le monde occidental croyait s’être exempté depuis longtemps de la scarlatine, une pathologie mortelle touchant principalement les enfants. Pourtant, celle-ci est réapparue ces derniers temps au Royaume-Uni et en Asie du Nord-est, comme pour dire qu’elle n’a pas encore fini de sévir.

Le plus alarmant, c’est que ce retour spectaculaire et inattendu de cette épidémie est une véritable énigme pour la communauté scientifique.

Pour en savoir plus, des chercheurs ont mené une recherche, publiée dans Nature Communications. Les résultats ont révélé toute la complexité généalogique de ce genre de maladies, en étudiant l’ADN de l’une des souches bactériennes impliquées.

Apparemment, l’agent responsable de l’infection est le streptocoque du groupe A, ou le Streptococcus pyogenes. Ce microbe en forme de boule est capable de produire des superantigènes pouvant créer des dommages irréparables chez les plus jeunes malades.

La scarlatine provoque des désagréments allant d’une simple pharyngite ou éruption cutanée à un dysfonctionnement des organes.

Si les antibiotiques avaient presque permis de l’éradiquer, il y a près d’un siècle, sa réémergence datant de 2011 a été d’autant plus dangereuse qu’elle est 5 fois plus répandue qu’autrefois, d’après le biologiste moléculaire de l’Université du Queensland, Stephan Brouwer.

Joues rouges et zone pâle autour de la bouche à cause de la scarlatine.
Wikipedia Commons

Ce dernier a pu caractériser un type de superantigènes issus d’une souche particulière d’Asie du nord-est, dont un qui aidait les bactéries indésirables à s’introduire dans les cellules visées, par une astuce aussi ingénieuse qu’inhabituelle. 

Cela signifie que les pandémies en question sont d’origines bactériennes complètement différentes de celles qui avaient accablé la population il y a quelques siècles. Il s’agirait juste d’une branche proche du streptocoque du groupe A qui aurait changé de stratégie d’attaque.

Cependant, Mark Walker, bioscientifique de l’Université du Queensland, estime que celle-ci n’aurait pas pu agir sans l’aide d’une infection entraînée par le virus phage, lui transmettant ainsi les toxines. Il ajoute que c’est ce qui a renforcé Streptococcus pyogene par rapport aux autres.

Joues rouges caractéristiques et éruption cutanée de la scarlatine.
Wikipedia Commons

C’est ce transfert de gène horizontal au génome d’un virus et apparaissant, de ce fait, dans le nouvel hôte, qui crée ce que l’on peut appeler un clone.

Les gènes pathogènes, armés de nouvelles techniques pour envahir plus aisément leurs victimes, s’en trouvent également plus résistants aux traitements et deviennent donc tout à fait invincibles. La désactivation du codage du superantigène acquis a, par ailleurs, montré que sans lui, les souches étaient parfaitement inoffensives.

La bonne nouvelle c’est que les mesures prises actuellement pour lutter contre le COVID-19 seront un facteur bénéfique pour empêcher le streptocoque de dégénérer en une pandémie. Cependant, tout sera différent une fois ces restrictions levées.

Dans ces conditions, il semble plus urgent que jamais de trouver un vaccin si l’on veut réellement anéantir la scarlatine et préserver la vie de millions d’enfants à travers le monde.


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