L’une des raisons qui fait du cancer une maladie particulièrement difficile à traiter est le fait que le corps humain ne reconnaît pas les cellules cancéreuses comme étant une menace, comme il le ferait avec un virus. De ce fait, le système immunitaire ne peut pas éliminer les tumeurs, et jusqu’à présent, presque aucun vaccin contre celles-ci n’existait, mais cela a changé.

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Un booster du système immunitaire

C’est à des scientifiques de l’École de Médecine de l’Université de Stanford que l’on doit cette grande avancée dans le domaine de l’oncologie.

Le traitement qu’ils ont mis au point agit comme un booster du système immunitaire afin de permettre à ce dernier d’éradiquer le cancer.

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L’oncologue Dr. Ronald Levy explique que ce vaccin utilise une particularité du système immunitaire qui réside dans les cellules T. Lorsqu’une tumeur grossit au sein du corps humain, ces dernières reconnaissent les cellules de cette tumeur et agissent afin de l’éradiquer. Sauf que la tumeur se protège en accumulant des mutations, empêchant les cellules T d’y accéder.

Le vaccin fonctionne donc grâce à l’administration de petites quantités d’une combinaison de deux agents, un fragment d’ADN nommé “oligonucléotide CpG”, qui permet l’activation d’un récepteur activateur de la cellule T nommé OX40, et qui est un facteur de nécrose tumorale. Le second agent présent dans le vaccin est un anticorps qui se lit à l’OX40 afin d’activer la cellule T.

Ce traitement n’est pas réellement un vaccin, car il ne donne pas d’immunité sur le long terme, mais il est nommé ainsi de par son mode d’administration. Il est directement injecté dans la tumeur en très petites quantités, de l’ordre des microgrammes, afin de n’activer que les cellules T ayant reconnu la tumeur comme étant une menace.

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tiburi, pixabay

Des résultats prometteurs

Les tests ont été effectués sur des souris de laboratoires ayant développé un cancer du sein suite à une prédisposition génétique, ou auxquelles on a transplanté des lymphomes dans deux endroits différents.

Sur 90 souris ayant des lymphomes, 87 ont été guéries suite à l’administration du vaccin dans les deux tumeurs, les détruisant.

Les lymphomes étaient récurrents chez les 3 restantes, qui ont toutefois été guéries après une seconde administration du traitement.

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Le traitement du cancer du sein a aussi été un succès, et a permis, dans la plupart des cas, de prévenir l’apparition d’une autre tumeur. Il a aussi pu éliminer des tumeurs présentes ailleurs que dans le site d’injection, du fait que certaines cellules T quittent la tumeur et en cherchent d’autres afin de les combattre, ce qui peut empêcher les cancers de se métastaser.

Après l’efficacité du traitement sur les souris, les chercheurs de l’Université de Stanford vont tester son efficacité sur 35 patients atteints de lymphomes vers la fin de cette année.

Le Dr. Alice Police, directrice régionale des chirurgies mammaires au Northwell Health Cancer Institute de Westchester, New York – qui n’a pas pris part à l’expérience – déclare que les essais humains sont une très bonne nouvelle.

Toutefois, elle présente quelques réserves quant à l’efficacité du vaccin, car plusieurs traitements ayant fonctionné sur des souris se sont avérés inactifs sur les humains. Mais, restons optimistes.

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