Le passé de notre planète n’a pas connu de témoin qui puisse relater les évènements des différentes époques, mais le développement des techniques de datation et d’identification, ainsi que la découverte des structures de conservation telles que le pergélisol, ont grandement contribué à reconstituer l’Histoire évolutive de la vie.

Les éléments préservés à travers le temps ont été retrouvés des millions d’années plus tard par les paléontologues, et révèlent les caractéristiques des espèces d’autrefois, mais aussi un éventuel lien de parenté avec celles du présent. Ainsi, dans une localité rurale en Sibérie, Tumat, un chiot conservé dans le pergélisol a été retrouvé, et semble avoir connu l’un des derniers rhinocéros laineux…

Les preuves des derniers survivants de l’ère glaciaire retrouvées

Le chien momifié sorti directement de l’âge de glace a été étudié par les chercheurs durant une autopsie animale. Ces derniers ont découvert une plaque de peau poilue au niveau de l’estomac, qu’ils ont d’abord attribué à un lion des cavernes (Panthera spelaea).

À la suite des analyses d’ADN, le morceau de viande s’est avéré être celui d’un rhinocéros laineux (Coelodonta antiquitatis), dont l’extinction de l’espèce coïncide avec le moment où il a été dévoré par le chiot, soit 14 000 ans en arrière. Afin de fiabiliser les résultats, et s’assurer que l’animal n’était pas mort avant, sa plaque de laine a également été datée au radiocarbone.

Edana Lord, Doctorante au Centre de Paléogénétique en Suède, a participé à une étude sur la disparition des rhinocéros laineux, et affirme que l’individu identifié est sans doute parmi les derniers que la Terre ait portés.

Selon Lord, la question qui se pose est la suivante : Le prédateur était-il un chien ou un loup ? Une équipe de recherche à Copenhague a alors été mobilisée afin de découvrir si l’animal a été — ou non — domestiqué.

Des conditions d’extinction mal élucidées

Plusieurs scénarios s’offrent aux chercheurs quant aux circonstances de la mort du rhinocéros laineux, ce dernier aurait pu être dévoré par des loups, avant qu’un chien d’une meute de récupération ne tombe sur ses restes et les dévore.

Dans une autre situation, il est possible que le chiot ait été domestiqué, partageant son repas avec des humains avant de mourir ensuite, dans des conditions inconnues. Ce qui est sûr, c’est que le corps du carnivore est resté inchangé durant sa conservation dans le pergélisol.

Il a été surnommé Dogor (jeu de mots pour « dog or – wolf »

En approfondissant ses recherches sur la découverte, Lord affirme qu’en dépit de ce « repas », les prédateurs carnivores ne sont pas les responsables de l’extinction du rhinocéros laineux. Les analyses de 14 génomes mitochondriaux ont révélé que les populations de rhinocéros laineux étaient stables et diversifiées, de nombreuses mutations génétiques ont permis aux individus de survivre au climat glacial.

En raison de cette adaptation aux conditions extrêmement froides, les scientifiques expliquent que l’espèce n’était pas prête à faire face au réchauffement climatique survenu à la fin de la dernière ère glaciaire.

En superposant les dates de l’extinction avec les conditions météorologiques, ils découvrent alors que la période interstadiaire de Bolling-Allerod est très probablement responsable de la disparition des rhinocéros laineux.


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