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Pourquoi les humains n’ont-ils pas de fourrure


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Lígia Santos Rodrigues, flickr.

Lorsqu’on nous parle de ressemblance homme-animal, nous pensons directement aux habitudes des primates ainsi qu’à leurs caractéristiques physiques, particulièrement après la découverte de la similarité génétique entre l’ADN de l’être humain et celui du Chimpanzé.

L’étude du comportement primate, qui lui a gardé son aspect sauvage, peut souvent aider l’être humain à comprendre l’utilité de certains de ses membres et leur évolution, telles que la préhension des mains ou la possession d’ongles plats (au lieu des griffes), mais aussi à expliquer l’absence ou la perte de quelques propriétés comme ce qui est le cas de la mystérieuse absence de fourrure chez son espèce…

Le poil animal

« Nous avons de très longs cheveux sur notre cuir chevelu et des cheveux courts dans les autres régions du corps. Nous n’avons pas de poils sur les paumes des mains, sur le dessous des poignets ou la plante de nos pieds. Personne ne comprend vraiment comment ces différences se présentent. », explique la Professeure Sarah E. Millar, experte en dermatologie de la Perelman School of Medicine en Pennsylvanie.

Les résultats de cette nouvelle étude, publiée dans la revue Cell Biology, montrent que la pousse de poils serait liée à la sécrétion abondante d’une protéine appelée Dkk2 (pour Dickkopf 2), car plus cette protéine est abondamment présente dans l’organisme de l’animal, comme chez les souris par exemple, moins la région plantaire est poilue contrairement aux ours polaires qui en produisant la Dkk2 en des quantités inférieures possèdent de la fourrure sur la peau plantaire.

Afin d’approfondir les recherches, les scientifiques ont conçu des souris dépourvues du mécanisme de production de la Dkk2. Les observations ont confirmé l’hypothèse préalablement posée qui dit que la protéine bloque la voie de signalisation WTN (responsable de la croissance des poils), mais d’une façon partielle en raison de la finesse, la longueur et dispersion hasardeuse de la fourrure développée.

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Paul Hudson, Flickr

« Dkk2 est suffisant pour empêcher les cheveux de pousser, mais pas pour se débarrasser de tous les mécanismes de contrôle. Il y a encore beaucoup à regarder » indique la Professeure S. Millar.

Entre application médicale et confirmation de théories

Même si les résultats obtenus n’ont pas fourni une déduction importante pour répondre (du point de vue biologique) au comment perdons-nous des poils, les chercheurs préfèrent continuer sur la voie de la WTN, car ils estiment qu’en plus de la découverte de l’effet de la Dkk2 sur la pilosité, il serait intéressant de compléter la liste des éléments ayant des effets similaires à ceux de cette protéine.

Une découverte pareille pourrait permettre d’identifier et aider à comprendre les sources de certaines pathologies dermatologiques telles que la calvitie, l’alopécie, le psoriasis et le vitiligo.

La perte de la fourrure du point de vue théorique revient au fait que notre espèce soit en évolution et cela depuis son apparition. Plusieurs facteurs pourraient en être responsables comme l’adaptation de nos ancêtres au changement de température et d’humidité d’une région à une autre, ou bien leur adaptation à la nature des proies qu’ils chassaient pour se nourrir (leur fourrure leur rendait la nage difficile). Certains suggèrent même que leur pelage était un nid de parasites et que ne pas s’en débarrasser au fil des générations présentait un grand risque pour leur santé.