Pour bon nombre d’entre nous, le rêve le plus cher que l’on souhaiterait réaliser serait de pouvoir se permettre de voyager tout au long de l’année, sans se soucier de toutes les tâches du quotidien qui nous incombent et qui, au long terme, nous plongent dans une routine quelque peu déprimante.

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Mais contrairement aux apparences, de nombreux professionnels habitués à parcourir le monde depuis leur plus jeune âge semblent penser que partir à l’aventure au début de la vingtaine n’est pas forcément une bonne idée.

C’est en tout cas ce que pense Brian Roberts, un écrivain et entrepreneur américain qui a passé la majeure partie de sa jeunesse à voyager…

Un désir pas aussi bénéfique que l’on pourrait le penser

Même si poser ses valises dans des contrées lointaines est sans aucun doute synonyme d’ouverture au monde (et donc d’esprit), il est plus que nécessaire, avant de s’établir à l’étranger, de garder en mémoire le fait qu’il y a un moment pour tout.

Alors que la Génération Y (celle née entre 1980 et 2000) est connue pour son goût prononcé de la liberté, du changement et de l’innovation, voyager fait incontestablement partie de sa « to-do-list », quitte à tout laisser derrière elle sans jamais se retourner.

Ce phénomène est tellement vrai qu’une étude de 2016 menée par le cabinet d’études GFK en 2016 a démontré que plus de 70 % des jeunes âgés de 19 à 30 ans préfèrent placer leurs économies dans un voyage plutôt que de rembourser une dette, d’épargner pour acquérir un bien immobilier ou une voiture.

Même constat en 2017, notamment avec le rapport annuel de la banque américaine Merrill Edge qui indique que 63 % des jeunes adultes auraient dépensé leur argent en périples, dîners, sorties et condition physique (sport, vêtements) sans penser à investir dans un plan retraite ou immobilier.

Cependant, et bien que visiter d’autres pays demeure malgré tout une expérience inoubliable, voyager doit impérativement rester un loisir, et ne doit en aucun cas faire partie intégrante du processus de construction identitaire.

« Je peux attester du fait que les voyages peuvent sembler glamour, mais les réponses que la Génération Y cherche ne peuvent être trouvées au fond d’une valise », déclare Brian Roberts.

Bulletrain743, Pixabay

Un vrai travail de fond à faire sur soi

Tandis que l’on entend très souvent parler des difficultés qui accompagnent l’entrée à l’adolescence, nous nous intéressons que trop peu à sa fin, qui marque assurément le début de l’âge adulte.

Pourtant, cette période de la vie est toute aussi importante, si ce n’est davantage, surtout lorsque l’on sait que cette étape est généralement la plus longue de notre existence.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ses bases doivent être les plus solides possible.

Seulement, adopter un mode de vie nomade dès le début de la vingtaine, sans aucune attache sociale, familiale, financière, professionnelle et matérielle stable, ne peut que porter atteinte au développement psychologique du jeune adulte.

Bien sûr, il ne s’agit pas non plus de toujours rester cloîtré chez soi ou dans sa zone de confort, mais simplement de faire le tri dans ses priorités au lieu de se pencher exclusivement sur ses désirs de liberté et d’aventures.

« Les voyages sans but, qui ne sont pas liés à l’acquisition d’une compétence ou d’une entreprise […] ne produiront pas de retour sur un investissement tangible » explique M. Roberts, qui estime que partir en vadrouille sans avoir planté ses racines au préalable n’est, au fond, qu’une forme de « procrastination avec une meilleure vue. »


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