Les époques changent et il y a des phrases à ne plus dire ou écrire. Celle que nous aborderons ici, nous la côtoyant partout et avec excès, plus particulièrement à l’écriture (ou à la lecture) de nos mails professionnels.

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Comme vous l’aurez peut-être deviné, il s’agit bien sûr de l’incontournable tournure : « J’espère que vous allez bien ».

Il faut avouer que nous utilisons aujourd’hui cette expression beaucoup plus par habitude (qu’autre chose de plus sincère) et sans doute à outrance (à chaque démarrage de nos mails !), histoire de solliciter les faveurs du destinataire de notre message.

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Sauf que le « pouvoir » attribué à cette formule n’est plus ce qu’il était. Sa magie s’est vue atténué au fil du temps. Devenue désormais froide et vide, elle ne signifie plus l’intérêt d’antan porté à l’état de la personne avec laquelle nous échangeons. Et de même qu’à la lecture, nous la survolons sans même plus y prêter attention.

On peut dire qu’à l’heure actuelle, le courrier électronique correspond aux « lettres des temps modernes ». C’est ainsi que la manière de se saluer dans nos e-mails s’est vue être adaptée à notre époque, hypocrite et sans goût.

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De surcroît, beaucoup d’individus pensent que cette correspondance via Internet n’a pas besoin de bénédictions ou d’expressions douces – en particulier au travail –, et pourtant nous avons tous déjà ressenti cet étrange sentiment de désappointement après avoir reçu un mail sans aucun bonjour ni merci, ni aucune sorte de vœux.

Dans ce même contexte, Rebecca Greenfield de Bloomberg s’est opposée à l’utilisation de « Best » comme signature : « Craignant de paraître trop souriants ou affectueux, nous avons été intimidés pour utiliser des mots vides », a-t-elle écrit.

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Mais alors, comment faire autrement ? Surtout dans le cas d‘une demande par laquelle on sollicite une grâce, une faveur (parfois délicate) d’un supérieur, ou même encore lorsqu’il s’agit simplement d‘une personne dont on aurait perdu le fil depuis un moment plus ou moins long.

Quoi qu’il en soit : lorsqu’on s’assoit pour écrire un e-mail professionnel, il n’y a que deux options possibles : aller droit au but, ou trouver quelque chose – littéralement n’importe quoi – qui prouverait que nous ne sommes pas qu’un vulgaire robot.

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Parfois, il serait bon de commenter la météo qui règne à l’extérieur (« Survivez-vous à cette vague de chaleur immonde ? »). Tantôt, d’ajouter un commentaire culturel actuel (« Avez-vous regardé le match X d‘hier ? »).

Et lorsqu’on se retrouve à court de choses intéressantes à dire, trouver une façon un peu plus nuancée de suggérer que l’on espère que notre interlocuteur va bien (sans pour autant lui dire : « J’espère que vous allez bien ») et ce, avec des moyens plus subtiles (qui paraîtront malgré tout plus sincères) comme : « Le temps à Chicago est-il aussi beau qu’il y paraît ? » ou « L’été vous traite-t-il bien ? ».

À tout le moins, le destinataire du message saura que nous n’avons pas copié/collé ce texte d’un autre courrier d’avec une autre personne, lui demandant une autre faveur.

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Christine Vaufrey/Flickr

Il ne faudrait également pas hésiter face à une personne que l’on connaîtrait à peine d’essayer d’établir un contact direct avec elle. Imaginons commencer par : « Pouvez-vous croire que l’été est presque terminé ? » qui pourrait l’engager à répondre par : « L’hiver est la seule saison que je préfère ».  Ou bien demander : « Seriez-vous d’accord pour dire que Hunky Dory est le meilleur album de David Bowie ? » et que la réponse est : « non ». Mais alors seulement dans ce cas-là, oui, nous sommes libres de mépriser cette personne et de toujours lui adresser la réplique « J’espère que vous allez bien ».

Là-dessus, en termes de plaisanterie, si l’on ne se sent vraiment pas à l’aise, un point d’exclamation dans notre introduction pourrait suffire et faire l’affaire, tout en prenant moins d’espace !

Pour rajouter une couche à notre argumentaire, voici dans un article du New York Magazine consacré à ce sujet que la journaliste Dayna Evans appuie le fait que : « Cette expression est tellement devenue banale que nos cerveaux n’y font même plus attention ». Et elle ajoute aussi qu’il s’agit d’un indicateur pour la personne à qui l’on adresse cet e-mail que nous nous apprêtons à lui demander une faveur.

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Enfin, il faut garder en tête que le plus important à faire lorsqu’on écrit un mail à une personne (que ce soit une correspondance écrite, une lettre d’amour ou même une menace pour des ennemis), c’est de trouver un moyen sincère et clair d’exprimer ce que l’on a à dire sans tourner autour du pot et risquer un quelconque malentendu.


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