Avoir un voisin qui mâche son Chewing-gum bruyamment, qui avale, tapote ou fredonne, ce n’est pas fort agréable, mais pour certains, c’est carrément insupportable.

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En effet, ces petits bruits qui sont insignifiants pour la plupart, peuvent provoquer un immense sentiment d’inconfort chez les autres et ceci n’a rien d’un trait de caractère, il s’agit plutôt d’un trouble psychiatrique ou neurologique connu sous le nom de la misophonie.

Pourquoi tant de bruits ?

La misophonie n’est pas une maladie qui est facile à reconnaître ou à diagnostiquer chez quelqu’un, et elle n’est reconnue comme telle que durant les années 2000.

À la différence des autres maladies, les sujets porteurs de ce dysfonctionnement neurologique trouvent souvent des difficultés à être pris au sérieux, et leur entourage n’arrive pas toujours à comprendre comment des bruits auxquels on ne fait généralement pas attention peuvent créer autant de colère, d’énervement et de réactivité chez eux.

Malheureusement, il n’existe à ce jour, aucune procédure officielle pour sa détection, et les recherches sur ses éventuelles causes sont très limitées.

Pourtant, une étude publiée dans “ The Journal Of Clinical Psychology ” en 2014 suggère que la misophonie peut atteindre jusqu’à 20% de la population mondiale.

En même temps, en 2015,  une autre étude publiée dans “Australian Psychiatry“,  affirme que ce trouble peut être considéré comme une maladie à part entière.

Jeremy Keith, flickr

Votre cerveau y est peut-être pour quelque chose

Également appelé “Haine du son”, pour les gens qui en souffrent, les bruits du quotidien peuvent devenir une véritable torture.

Le simple fait d’entendre un bébé pleurer, le curage de dents, ou encore, le tic-tac d’une horloge peut conduire ces individus à un état de stress et d’anxiété extrême.

En 2017, une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université du Newcastle dans le Royaume-Unis ont constaté un changement dans le lobe frontal du cerveau des sujets misophones, en réponses à certains sons répétitifs.

En faisant des tests sur un groupe de personnes atteintes de cette pathologie, les spécialistes ont pu observer une augmentation considérable de l’AIC (Accident Ischémique Constitué ) et de l’activité du lobe frontale. Des changements furent aussi constatés au niveau du cortex préfrontal ventromédian.

Les cerveaux des individus atteints par la misophonie trouvent décidément beaucoup de difficultés à contrôler la diffusion de signaux associés à certains types de son.

Au grand désespoir des misophones, il n’existe malheureusement aucun traitement pour ce trouble un peu particulier. Cependant, il existe des petites astuces que vous pouvez utiliser pour atténuer ses effets.

Si vous avez un proche qui en souffre, il serait judicieux de faire attention à vos mouvements quand vous êtes ensemble. Pensez aussi à manger la bouche fermée !


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