L’interaction des différentes espèces avec leur progéniture a été longtemps étudiée par les chercheurs. Pour les humains, la plupart des mères bercent leur bébé du côté gauche de leur corps, et cela a également été constaté chez les singes, en particulier les babouins.  Ce phénomène curieux possède en fait une raison scientifique, qui va bien au-delà d’une question de confort.

D’après les recherches, porter son enfant avec le bras gauche l’expose au champ visuel correspondant, partie contrôlée par l’hémisphère droit du cerveau. Ce dernier est responsable du traitement des sentiments, particulièrement à travers l’expression faciale. 

Les études révèlent également que le profil gauche est plus expressif, étant donné que les nourrissons de 3 mois identifient l’attrait du visage, cela contribue à renforcer les liens sociaux et la communication émotionnelle entre les deux êtres. 

À l’inverse, il semble que bercer l’enfant du côté droit est associé à une dépression maternelle pré et postnatale, elle implique un dysfonctionnement de l’hémisphère droit, en charge de la perception émotionnelle. Par conséquent, la dyade mère-bébé est altérée par une baisse de la communication.

Selon les recherches, les niveaux de stress sont plus importants chez les mamans préférant bercer leur petit du côté droit, et engendrent une capacité réduite à être émotionnellement engagée avec leur enfant. 

Eloïse Disarbois

Les scientifiques ont remarqué que certains primates, tels que les babouins, portaient leurs petits avec le bras gauche tout comme les humains. Cette observation laisse supposer que ce caractère est apparu chez un ancêtre commun aux deux espèces, il y a de cela 35 millions d’années.

Afin de vérifier si cette pratique est en effet répandue chez les grands singes, des chercheurs du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) ont analysé les comportements d’un groupe de 44 babouins olive (Papio Anubis). Les résultats ont alors révélé un pourcentage de 67 % de mères portant leur bébé avec leur flanc gauche, presque identique à celui de la race humaine. De plus, cet acte était plus régulier et plus stable chez les femelles ayant eu plusieurs grossesses successives.

Les babouins s’organisent généralement dans des structures très hiérarchisées ; les experts ont considéré les interactions interindividuelles au sein du groupe en tant que marqueurs de stress. Si, comme chez les humains, le berceau par le biais du bras gauche est affecté par l’anxiété, alors ce comportement devrait être altéré, voire inversé chez les mères dans des groupes sociaux à forte densité, où la fréquence des conflits est plus élevée.


Partagez l'article

>