Le pôle Nord magnétique, dont la position a été enregistrée pour la première fois il y a près d’un siècle maintenant, n’est pas stable et il se déplace régulièrement de 50 à 60 km environ. Cependant, il a été signalé, il y a un an déjà, qu’il avait accéléré la cadence en mettant le cap vers la Sibérie de manière tout à fait inexpliquée. Aujourd’hui, pourtant, les scientifiques ont leur petite idée sur la question.

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Ce qu’il faut savoir c’est que le champ magnétique terrestre est le fruit d’un va-et-vient assez agité du fer en fusion au centre souterrain du globe, et l’emplacement de ses deux pôles Nord et Sud ne cesse d’évoluer.

Selon les chercheurs, il semble y avoir une nouvelle cause à ces mouvements inhabituels. Ils seraient dus à un flux magnétique négatif situé près du noyau terrestre dans les sous-sols canadien et sibérien.

C’est ce qu’a révélé une récente étude, publiée dans Nature Geoscience, et menée par Philip Livermore de la School of Earth and Environment de l’Université du Royaume-Uni. Les différents examens de données recueillies par les satellites Swarm de l’Agence spatiale européenne (ESA) ont montré l’existence de deux gigantesques plaques magnétiques sous le Canada et la Sibérie, ce qui pourrait être à l’origine de cette soudaine migration.

Carte de déclinaison magnétique IGRF 2000.
Wikipedia Commons

Livermore décrit ces patchs comme des zones propices à l’errance du champ magnétique hors du noyau terrestre. Si les deux lobes sont en perpétuelle mobilité, la parcelle canadienne paraît particulièrement rapide. Les experts ignorent la raison exacte de son étirement, mais ils affirment que son affaiblissement a donné l’opportunité au patch sibérien d’entraîner le nord magnétique vers lui. Ils pensent que cette traction continuera tout au long des dix prochaines années.

Bien entendu, le champ magnétique terrestre a beaucoup plus d’importance que ce que l’on pourrait croire, et outre l’intérêt purement académique qu’il représente aux yeux de la science, il sert aussi à protéger la planète du rayonnement solaire nuisible.

Quoi qu’il en soit, il y aura certainement du nouveau concernant le modèle magnétique mondial, qui ne pourra plus être utile aux systèmes de navigations actuels s’il n’est pas mis à jour un peu plus souvent


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