Depuis longtemps, le port de lunettes est le sujet de nombreuses taquineries. Bien que celles-ci soient un outil aidant à la vue, elles dresseraient un profil assez « spécial » à la personne.

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En général, ce n’est pas bien grave puisqu’il s’agit souvent de plaisanter, jusqu’à ce que certaines règles instaurées au Japon donnent à ce cliché une tout autre dimension.

Les lunettes, pas qu’un simple accessoire

Dans différents lieux de travail au Japon — à savoir les grandes surfaces commerciales, les salons de beauté ou encore les showrooms — les femmes ont été interdites de porter des lunettes. Ces dernières ne sont apparemment pas perçues comme de simples accessoires médicaux.

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Une jeune femme japonaise, âgée de 20 ans et préférant garder l’anonymat affirme avoir vécu cette situation en tant que réceptionniste dans un grand magasin. Celle-ci témoigne avoir reçu la consigne par son patron.

Pourtant, les tâches qui lui sont attribuées consistaient à fournir des services aux clients en plus de leur conférer des poussettes et des fauteuils roulants. Il n’y avait donc pas de rapport apparent justifiant cette interdiction.

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L’alternative de l’employée qu’on appellera Mme A était alors le port de lentilles cornéennes. Étant contrainte de les garder plus de 12 h par jour, celles-ci lui causèrent une sècheresse et une fatigue oculaire qui l’amenaient à fermer les yeux à plusieurs reprises.

Au Japon, des sociétés veulent interdire les lunettes au travail pour les femmes - sciences-et-technologies -
n4i Photo/Flickr

L’uniforme à adopter consistait en une robe et des chaussures — qui étaient des pompes à talons de 5 cm —. Le maquillage au-delà du stade « standard » est également réprimandé ; les ombres à paupières scintillantes, les lèvres sombres ou des lentilles de contact colorées par exemple.

On demandait même aux femmes aux cheveux longs de se coiffer en chignon « Yakai Maki ». Pour ne pas perdre son temps chaque matin sur ses cheveux, la jeune employée a décidé de les couper.

Au japon, pour éviter de contaminer les autres lorsque vous êtes malade, il est conseillé de porter un masque facial. Or, cela est interdit sur le lieu de travail de Mme A.

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Cependant, pour les réceptionnistes hommes, il n’y avait aucun problème concernant le port de lunettes. Mme A ayant déjà remarqué cela dans son ancien lieu de travail, se demandait pour quelle raison « l’apparence soignée » ne s’appliquait qu’à la gent féminine.

Ce qui échappe également à toute explication, c’est le fait que les femmes contraintes à se soumettre à ces règles ne sont pas plus rémunérées pour leurs efforts. Les conditions de travail deviennent de ce fait beaucoup moins motivantes. 

Un phénomène généralisé 

Selon des statistiques réalisées par Business Insider Japan, Mme A ne serait que l’une des nombreuses personnes dont le port de lunettes au travail a été interdit. 

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Les lunettes dresseraient un profil « froid » et « repoussant » ou même « trop intelligent » selon les sites de recrutement — l’expression faciale de la personne étant masquée.

Au Japon, des sociétés veulent interdire les lunettes au travail pour les femmes - sciences-et-technologies -
Lim Hyeon-ju a choqué la Corée du Sud lorsqu’elle a porté des lunettes à la Télé. YouTube/The World

Une autre femme âgée de 32 ans, désignée Mme B est infirmière chez une clinique de beauté et affirme travailler dans les mêmes conditions.

Visiblement, « l’apparence parfaite » imposée sur les lieux de travail serait justifiée, selon le patron de Mme B : cela rendrait ses employées plus convaincantes et encouragerait les ventes.

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À long terme, ces conditions deviennent contraignantes puisqu’il s’agit après tout d’être évaluée sur ses compétences et sa technique plutôt que l’apparence physique. 

Après six ans, la jeune femme a démissionné et travaille actuellement dans une entreprise de médias numériques en tant qu’éditeur.

Le « lookisme » est le terme employé par Mme B pour dénoncer la discrimination à l’égard des personnes à la base de leur apparence.

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La décision de Mme B est un appel général aux femmes de la Corée du Sud qui ne devraient plus se soumettre à la contrainte des normes de beauté.

En effet, ce refus s’est manifesté lorsque plusieurs femmes ont laissé tomber le maquillage et se sont coupé les cheveux.

D’ailleurs, le mouvement de révolte a été initialement promu par la présentatrice Lim Hyeon-ju qui s’est présentée l’année dernière à la télévision en portant des lunettes. Ceci témoigne clairement de la volonté d’« échapper au corset. »


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