Toute étude sur l’origine ou l’évolution de nos ancêtres doit forcément inclure l’ADN des individus en question. Pourtant, il n’est pas toujours facile de réunir toutes les pièces du puzzle. Dans le cas des Néandertaliens, il existe un grand manque dans le matériel génétique masculin, ce qui fait que la recherche a été, jusqu’à présent, centrée sur l’histoire biologique des femmes, au détriment du sexe opposé.

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Heureusement, ce déséquilibre va bientôt être réparé grâce à une analyse récente du chromosome Y, menée par une équipe multinationale, qui a réussi à identifier des génomes issus de restes de mâles de Néandertal. Les ossements proviennent de Russie, d’Espagne et de Belgique et indiquent que leurs propriétaires avaient vécu il y a 38 000 à 53 000 ans, à peu près, soit durant la période qui avait connu le déclin des anciennes espèces humaines disparues.

En parallèle, on a pu établir une comparaison avec l’ADN des Denisoviens datant d’il y a 70 000 à 120 000 ans. Contre toute attente, les résultats nous rapprochent davantage des Néandertaliens que des Denisoviens.

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Pour sa part, l’auteur principal de l’article, Martin Petr, de l’Institut Max Planck pour l’anthropologie évolutive, se dit très étonné de l’écart incroyable entre nos deux « cousins ». Il ajoute que cela est certainement le signe que le chromosome de Néandertal a dû être remplacé par un autre similaire au nôtre, juste après leur « divorce » historique avec les humains modernes, il y a 800 000 ans.

Homme de Néandertal.
Michael Brace/Flickr

L’explication la plus probable à cet échange serait que ce modèle-là était plus efficace en termes de reproduction et de fertilité, ce qui a entraîné une sélection naturelle à son avantage. Chose aussi qui expliquerait la prévalence des chromosomes Y des premiers humains modernes.

Il est à noter cependant que les experts ont eu beaucoup de mal à obtenir toutes ces informations à partir de squelettes masculins anciens, d’autant plus que ces derniers n’étaient pas exactement une base assez solide.

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Pour mener à bien leur tâche, ils se sont basés sur des séquences Y modernes afin d’effectuer un sondage plus au moins réussi. À partir de là, ils sont parvenus à créer une image parfaite.

Janet Kelso estime qu’il faudrait récupérer les séquences restantes du Chromosome Y des anciens Néandertaliens, notamment ceux de 430 000 ans de Sima de los Huesos en Espagne, pour déterminer s’ils avaient encore le Chromosome Y Néandertalien originel. Ce qui renforcerait leur lien avec les Denisoviens plutôt qu’avec les humains modernes.

On devrait s’attendre toutefois, à ce que ces découvertes ne soient pas des plus anodines, d’après Kelso.

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