La solitude est un état psychologique et social pouvant découler d’une préférence personnelle, voire spirituelle, d’un être sans cesse en proie à la méditation, et à la quête de soi.

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Néanmoins, elle peut également dénoter une sensation plus profonde de malaise dont certaines personnes souffrent par manque d’estime de soi, ou de timidité excessive. Celles-ci se voient ainsi condamnées à se renfermer sur elles-mêmes, de crainte de partir à la rencontre des autres, ou encore de vivre en communauté.

Les conséquences d’un tel comportement, surtout à long terme, peuvent s’avérer dévastatrices sur la santé mentale, mais aussi physique, de l’individu.

Un facteur de risque à ne pas négliger

Que cela tire d’un choix personnel, ou d’un sort existentiel, la solitude peut vous causer bien plus de mal que de bien. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur 12 000 participants souffrant du syndrome de l’isolement, et suivi pendant une dizaine d’années à l’aide d’une batterie d’évaluation cognitive renouvelée tous les deux ans, 1 104 ont fini par contracter des troubles de démence, soit un taux de 40 %.

Les données collectées s’inscrivent dans le cadre de la Health and Retirement Study, placée sous la direction de l’Université du Michigan, en partenariat avec le National Institute on Aging. Les candidats sélectionnés sont pour la plupart des personnes ayant atteint ou dépassé la cinquantaine, invités, ainsi que leur conjoint, à discuter de leur comportement peu sociable. Des sujets, en somme, plus favorables à contracter des maladies chroniques, telles que le diabète ou l’hypertension, mais également des troubles psychiques, comme la dépression, l’anxiété, et la nervosité.

L’équipe de recherche qui supervise cette étude, issue de la Faculté de Médecine de l’Université de Floride, démontre en outre que les possibilités de développer des troubles cognitifs chez les personnes les plus solitaires n’étaient en rien liées avec leur sexe, leur origine, leur milieu socioculturel, ou leur niveau d’étude. Pas plus d’ailleurs que l’intensité des relations qu’elles entretiennent avec leur famille, ou leurs amis.

Christopher Walker, Wikipedia Commons

Une question de perception

Vous est-il déjà arrivé d’avoir la sensation d’être bien seul.e, alors que vous étiez entouré.e de gens ? De même que d’être émotionnellement comblés, quand bien vous vivez seul. e, ou que vous ne comptez qu’une poignée d’amis ? Vous l’aurez compris : la solitude dépend de la manière avec laquelle vous la concevez, basée sur votre expérience personnelle en matière de relations sociales.

« Il s’agit d’une sensation que vous n’appartenez pas, ou que vous ne correspondez pas vraiment au milieu dans lequel vous êtes impliqués », affirme la Doctoresse Angelina Sutin, responsable de l’étude. Elle avance également qu’il ne faut pas culpabiliser les gens du fait de se sentir reclus.

Pour celle-ci, il est donc important de s’enquérir de la perception de l’interlocuteur, face à ses échanges sociaux, ainsi que des périodes durant lesquelles ce sentiment d’isolement est plus intense. Vu de cet angle, les risques de démence peuvent être mieux cernés, pour mieux les éviter.

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Une étude qui invite donc à aller de l’avant, et à modifier certaines de ses habitudes sociales, afin de prévenir bien des maux, car que l’on s’en détrompe, la solitude est un comportement auquel il est possible de remédier.


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