Il semble que nos semblables, tels que nous les connaissons actuellement, ont évolué à travers les millénaires. À l’image de toute autre espèce, nous nous doutons bien que nos ancêtres ne nous ressemblaient pas tellement. 

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Selon la théorie de Charles Darwin, la race humaine est issue d’une grande lignée de primates. Nos similitudes physiques avec ces singes soutiennent d’ailleurs cette idée, et il paraît également que le caryotype d’un chimpanzé est identique à celui de l’Homme à 98 %.

Parmi les propriétés des primates que nous observons encore sur notre physionomie, la capacité de développer une pilosité faciale chez les mâles. Au-delà de cette apparence jugée « plus esthétique » pour certains, il y aurait d’autres avantages…

Un bouclier contre les attaques faciales

Faire pousser une barbe assez longue peut être inapproprié dans certaines conditions. Cependant, des scientifiques de l’Université de l’Utah ont découvert que celle-ci pouvait servir de protection du visage en cas d’agression. 

Afin de savoir comment cela est possible, les biologistes Ethan Beseris, Steven Naleway et David Carrier ont fabriqué un « crâne » lumbersexuel en epoxy, recouvert de peau de mouton. L’expérience consiste à fournir un coup de poing sur la fausse tête, et mesurer l’intensité de l’impact par une cellule de charge. 

Les résultats ont révélé que la puissance de la frappe pouvait être réduite sur des échantillons à fourrures complètes, mieux que ceux plumés ou cisaillés — l’énergie absorbée par la fourrure étant à 37 % supérieure dans ce cas. Cela suggère donc une redistribution des forces fournie par le duvet fibreux, amortissant ainsi les chocs et protégeant la mâchoire d’une potentielle fracture.

Tim Savage/Pexels

L’expérience pourrait témoigner également d’une sélection naturelle en faveur de l’évolution de la barbe. À l’image des autres espèces — tel que le lion —, la présence de longueurs sur la tête et autour du cou fournit un bouclier efficace contre les attaques. 

Une évolution conforme à la nature humaine

Il existe évidemment une grande différence entre un visage barbu et une peau de mouton non parée, d’autant plus que le premier varie en densité. En outre, mise à part le risque d’une cassure au niveau de la partie inférieure du crâne, un coup à cet endroit peut engendrer des dommages plus dangereux, causés par le cliquetis du cerveau. 

C’est justement pour cela qu’il est intéressant de se pencher sur la façon dont la barbe transfère la force globale du choc reçu. Le biologiste David Carrier pense que celle-ci pourrait détourner le poing par « glissement » ou encore réduire les égratignures sur la peau.

Avec son collègue Michael Morgan, il a étudié en 2013 la théorie selon laquelle la main humaine a évolué pour servir à l’attaque, et en a fourni les preuves. Plus tard, les chercheurs ont prouvé que le visage a également connu un développement afin d’encaisser des coups durs.

En fait, cette tendance à l’agression est assez répandue au sein de notre espèce, qui est caractérisée par un dimorphisme sexuel et une violence entre les mâles. Cette dernière est sûrement due à l’esprit de compétition et de concurrence. 

Quoi qu’il en soit, la barbe est certes un accessoire destiné à attirer le sexe opposé, mais il semble aussi que son existence et son évolution aient d’autres fins plus utiles.


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