Originaire d’Inde, la banane est aujourd’hui le fruit le plus consommé et surtout le plus exporté, si bien que plus de 100 millions de tonnes sont produites chaque année.

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Nature, en milkshake, dans nos gâteaux ou nos salades de fruits, la banane fait partie de ces aliments phares dont on peut difficilement se passer.

Pourtant, elle est aujourd’hui menacée d’extinction, et la communauté scientifique met tout en œuvre pour qu’elle continue d’exister : fort heureusement, quelques solutions semblent donner de bons résultats pour le moment, mais rien n’est encore gagné…

Une menace importante qui touche les quatre coins de la Terre

Bien qu’on ait l’impression qu’il existe des dizaines de variétés de bananes différentes sur le marché, la réalité veut qu’elles fassent pratiquement toutes partie de la même famille, celle des Cavendish, un sous-groupe de bananiers originaires de l’Asie du Sud-Est.

Malheureusement, le fruit est actuellement menacé par de nombreux agents pathogènes différents, dont un qui se veut particulièrement virulent : le TR4 (ou « Race Tropicale 4”).

Un bananier infecté (Australie). Jeff Daniels

Ce champignon est à l’origine de la cercosporiose noire, une maladie qui s’attaque aux feuilles des plants et empêche la croissance des bananes, si bien qu’une plantation touchée peut perdre entre 35 et 50 % de sa production habituelle.

Pour y faire face, les producteurs sont obligés de surveiller de très près leurs bananiers, forcés de couper les parties touchées et d’enduire littéralement leurs plants de fongicides (plus d’une cinquantaine à la fois) : en plus d’altérer la qualité des fruits que nous mangeons, ce traitement intensif à un coût, et ce dernier retentit directement sur le prix de vente.

À l’heure actuelle, il ne reste plus beaucoup de parties du monde qui ne souffrent pas du TR4, les dégâts de ce champignon s’étendant de l’Afrique à l’Asie du Sud en passant par le Moyen-Orient.

Une solution à venir qui semble déjà porter ses fruits

Ce n’est pas la première fois que la banane est menacée d’extinction.

D’ailleurs, il faut savoir que si la Cavendish existe et est exportée à travers le monde, c’est uniquement grâce à sa résistance, ainsi qu’à la science : en effet, dans les années 1960, alors qu’une épidémie de fusariose s’est abattue sur la variété la plus répandue de l’époque (la banane dite « Big Mike » ou « Gros Michel »), la Cavendish, normalement stérile et peu goûteuse, a subi quelques modifications génétiques pour devenir l’une des seules espèces à survivre au champignon.

Christina Pignocchi, Photo de Dan Burn-Forti

Cependant, la communauté scientifique, qui ne comptait surement pas s’avouer vaincue aussi facilement, a recherché, comme dans les années 1960, des gènes d’autres variétés de bananes qui présenteraient une certaine forme de résistance au TR4.

Et c’est grâce aux travaux du Professeur australien James Dale de l’Université de Brisbane que ce gène résistant a été trouvé dans la « Musa acuminata malaccensis », une variété de bananes sauvages que l’on trouve en Asie du Sud-est.

Mais ce n’est pas tout : une première expérience a été menée récemment sur quelques plants de bananes pour évaluer la résistance du gène RGA-2 sur le terrain, et force est de constater que les premiers résultats sont très prometteurs : tandis que les plants sans ce gène ont connu entre 67 et 100 % de pertes, ceux qui ont subi la modification génétique ont survécu à la cercosporiose noire, même si certains ont légèrement été atteints.


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