Deuxième cause de perte humaine dans le monde, le cancer fait partie de l’un des maux les plus agressifs de notre époque. Emportant la vie de près de 15 millions d’individus par an, le nombre de personnes qui en souffrent ne cesse malheureusement de s’accroître au fil du temps.

Bien que la médecine ait fait de très gros progrès en la matière et qu’il soit aujourd’hui possible de guérir totalement de certaines tumeurs malignes, le cancer demeure, malgré tout, particulièrement virulent.

Mais force de leur travail, un groupe de scientifiques semble avoir récemment trouvé un moyen de cesser complètement son développement…

Des travaux qui ont débuté il y a quelque temps maintenant

Menée par le Professeur américain Marcus Peter et son équipe de chercheurs de l’Université Northwestern de Chicago, une étude qui date de fin 2017 a permis de découvrir que les cellules cancéreuses possèdent toutes une molécule qui les obligerait à s’autoanéantir littéralement.

Partant du principe qu’un cancer est la mutation anarchique d’une, puis de plusieurs cellules, il va sans dire que les travaux du Professeur pourraient bien signer la fin des traitements traditionnels (comme la chimiothérapie), qui se veulent longs, extrêmement fatigants et inefficaces dans encore beaucoup de cas.

Il aura ainsi fallu 8 ans de recherches en génétique aux chercheurs américains pour qu’ils puissent mettre en exergue le pouvoir de la molécule en question, appelée ARN (ou « acide ribonucléique »)

Bien qu’ils savaient déjà qu’elle sert principalement à traduire notre ADN en protéines, ils étaient cependant loin de se douter qu’elle possède en plus la capacité d’activer l’autodestruction des cellules cancéreuses, sans porter atteinte à celles qui sont saines qui plus est : « Nous pensons que c’est ainsi que les organismes multicellulaires ont éliminé le cancer avant le développement du système immunitaire adaptatif, vieux de 500 millions d’années. Cela pourrait être un système de sécurité qui oblige les cellules malhonnêtes à s’autodétruire. Nous croyons qu’il est actif dans chaque cellule nous protégeant du cancer » déclare le Professeur.

Public Domain, Pxhere

Ce processus, appelé « DISE » (« Death Induced by Survival gene Elimination ») doit cependant être activé de manière artificielle, mais l’équipe de scientifiques a trouvé, il y a de cela quelques jours, la solution à ce problème…

Une nouvelle étude qui se veut très prometteuse

La nouvelle étude, qui vient donc compléter les travaux de l’année précédente, s’est penchée sur un moyen sûr et infaillible de stimuler la DISE : « Maintenant que nous connaissons le code de destruction, nous pouvons déclencher le mécanisme sans recourir à la chimiothérapie et sans jouer avec le génome » affirme fièrement Marcus Peter.

En effet, leurs expériences ont révélé qu’il est grandement possible, grâce à des ARN dits interférents et à double brin, de faire en sorte que les cellules cancéreuses soient détruites sans que l’on ait à y toucher directement : en réalité, il suffit de modifier la séquence de quelques gènes seulement pour que la disparition de toutes les cellules cancéreuses se fasse naturellement, dans tout le génome humain.

« C’est comme sauter de très haut. On ne peut pas survivre » déclare le Professeur pour nous expliquer combien cette découverte est infaillible.

À ce propos, plusieurs expériences ont été menées sur des souris atteintes de tumeurs ovariennes : en y implantant ces ARN interférents, il s’est effectivement avéré que les cancers ont rapidement régressé, et ce, sans aucun effet secondaire gênant comme on peut le constater après une chimiothérapie.

« Nous pouvons utiliser ces petits ARN directement, les introduire dans des cellules et déclencher l’interrupteur d’arrêt. Sur la base de ce que nous avons appris dans ces deux études, nous pouvons maintenant concevoir des microARN artificiels qui sont beaucoup plus puissants pour éliminer les cellules cancéreuses que même ceux développés par la nature. » concluent les auteurs.


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