La médecine progresse chaque jour, mais il en va de même pour les diverses maladies auxquelles nous continuons à faire face. Malheureusement, il ne s’agit pas d’une pensée défaitiste, mais bien d’une vérité qui menace la prospérité des humains, quels que soient leur âge, leur statut social, ou encore leur nationalité.

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Des cas de pathologies destructrices, tels que les maladies neurodégénératives,
auto-immunes ou tumorales, ne cessent de se multiplier dans la société moderne. Les stratégies thérapeutiques étant certes prometteuses, elles ne restent pas moins coûteuses et surtout peu fiables sur le long terme. De ce fait, investir dans de meilleures méthodes de prévention semble être la solution idéale à envisager pour les années à venir…

Un cas compliqué

La maladie d’Alzheimer est dévastatrice et pratiquement incurable. Si de nombreux efforts sont faits pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes en diminuant la gravité des symptômes, rien de concret n’est fait quant à sa prévention. En effet, la manifestation tardive de la maladie a toujours posé problème aux spécialistes, car ils n’avaient en leur possession aucun moyen de la prévenir.

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Toutefois, une lueur d’espoir a récemment vu le jour au niveau de l’UT Southwestern : les chercheurs sont arrivés à trouver un moyen ingénieux qui permettrait de neutraliser le facteur de risque génétique le plus incriminé dans 50 à 80 % des cas.

Cette nouvelle étude a ouvert la voie vers le développement d’une molécule à administrer pour toute la vie et préférentiellement avant l’âge de 40 ans afin de réduire le risque de la maladie. Il s’agit d’une excellente nouvelle pour les personnes à risque, essentiellement.

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La clé de l’invention a résidé dans la compréhension approfondie du fonctionnement de l’apolipoprotéine E, abrégée en ApoE. Diverses sont les études faites à son sujet : elle est entre autres responsable du transport des lipides et du cholestérol et jouerait un rôle primordial dans les mécanismes de réparation. Les individus qui portent la forme ApoE-4 sont 10 fois plus susceptibles de développer la maladie que ceux qui portent les autres formes. La raison derrière cela est plutôt simple : ApoE-4 contribue à l’accumulation de la protéine bêta-amyloïde, elle-même responsable de la formation des plaques caractéristiques de la pathologie d’Alzheimer.

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Bêta-amyloïde et protéine tau dans le cerveau. NIH Image Gallery, Flickr

Une solution simple

Le Dr Joachim Herz, expert dans la maladie d’Alzheimer et auteur principal de l’étude publiée dans la revue eLife, a déclaré que le but de son équipe était de prévenir l’apparition de la maladie, et non de la traiter après son installation et son diagnostic qui se fait généralement à 65 ans.

« La plupart des travaux de recherche sur l’Alzheimer se sont concentrés sur le blocage de la formation d’agrégats de protéines amyloïdes et des protéines tau une fois que la dégénérescence est déjà installée. Notre approche dans cette étude était d’arrêter plus tôt ce processus avant même la formation de ces agrégats. » a expliqué le Dr Herz en soulignant que cette forme est la principale cause de démence chez les personnes âgées.

Il a déjà été établi que l’ApoE-4 était à l’origine de la suppression de plusieurs récepteurs synaptiques. Il fallait alors trouver un moyen de la piéger pour éviter ce qui s’apparente à un « embouteillage intracellulaire », indirectement responsable d’une perturbation du transport endosomal : c’est dire la complexité du phénomène.

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Justement, les chercheurs du UTSW ont prouvé que la diminution du pH de ces endosomes, qui
deviennent donc plus acides, arrivait à inverser l’effet accumulateur de l’ApoE-4 grâce à l’inhibition précoce de la protéine NHE6. La démonstration s’est faite chez la souris, ce qui peut indiquer qu’il s’agit encore d’un modèle expérimental qui a certes montré une efficacité au niveau pharmacologique et génétique, mais qui a encore tout à prouver cliniquement.

« La beauté des inhibiteurs des NHE réside dans le fait que ce soit de petites molécules dont la production est peu coûteuse et qui pourraient donc être largement disponibles. Les thérapies actuelles à base d’anticorps n’offrent pas les mêmes avantages. » a ajouté le Dr Herz.

Ainsi, un simple comprimé pourrait neutraliser le risque d’apparition de l’Alzheimer tardif, tout comme les statines sont en mesure de réduire le risque des maladies cardiovasculaires.

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