Un siècle, environ, nous sépare de la découverte inattendue d’une souris semi-aquatique en Éthiopie. Les scientifiques avaient été stupéfaits de constater que le rongeur repêché dans un ruisseau possédait une fourrure et des pattes tout à fait adaptées à la vie dans l’eau, d’autant plus qu’ils n’avaient jamais eu, auparavant, l’occasion de rencontrer une telle créature sur le continent africain.

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Aujourd’hui, le Field Museum de Chicago expose ce spécimen unique, comme l’un des animaux les plus rares jamais étudiés. Bien que la souris en question semble avoir complètement disparu, le Zoological Journal of the Linnean Society, vient de publier une nouvelle étude portant sur des espèces plus proches d’elle, dont certaines n’avaient jamais été documentées.

Il s’agit de Nilopegamys (souris de la source du Nil) et Colomys (souris sur pilotis). La première est la seule que l’on puisse trouver à Chicago, contrairement à la seconde, beaucoup plus disponible dans le bassin du Congo. Se nourrissant principalement d’insectes aquatiques, cette dernière a les mêmes pieds allongés lui permettant d’évoluer dans des eaux pas très profondes.

Spécimen de musée de C. goslingi à gauche et de la nouvelle espèce C. lumumbai à droite.
Giarla et coll.
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Par ailleurs, Colomys sait très bien se défendre, donnant beaucoup de fil à retordre aux chasseurs. Elle esquive les pièges avec une telle habileté qu’il est très difficile de l’attraper. Sa tactique est de se cacher dans les zones pratiquement inaccessibles, sans oublier sa rapidité inégalable.

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Quoi qu’il en soit, les scientifiques ont pu effectuer des analyses ADN qui ont aidé à identifier deux nouvelles sous espèces Colomys : C. lumumbai et C. Wologizi qui tiennent leurs noms respectifs de Patrice Lumumba et des montagnes Wologizi du Libéria.

Ils ont également réussi à mettre la main sur un échantillon d’ADN provenant de tissus séchés de Nilopegamys, et à établir une comparaison avec les données plus récentes. Bien entendu, il leur a fallu être très vigilants lors de la manipulation d’un matériel aussi ancien pour éviter de le faire contaminer. Heureusement, ils n’ont pas mis très longtemps à confirmer le lien de parenté entre Nilopegamys et Colomys.

Pour sa part, l’un des auteurs du document, Julian Kerbis Peterhans, chercheur au Field Museum, estime que cette découverte a été une aubaine pour la science, car elle a permis de lever l’amalgame concernant ces deux groupes de souris pour nous faire connaître leur passé commun. Il a exprimé son enthousiasme de pouvoir enfin en savoir plus sur ces animaux longtemps méconnus de la communauté scientifique.

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