« Un ami est celui qui vous laisse l’entière liberté d’être ce que vous croyez être », disait Jim Morrison.

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Si cette affirmation était peut-être vraie dans les années 60, il semblerait qu’elle ne soit plus au goût du jour depuis que les scientifiques se sont intéressés au concept subjectif, mais pourtant quantifiable qu’est l’amitié.

Réseaux sociaux, amis d’enfance, collègues de bureau, camarades de classe, connaissances : la question n’est pas de savoir de qui est-ce que nous nous sentons ami, mais plutôt à quel point cela peut être réciproque, en dépit de ce que nous pouvons penser.

Ainsi, des chercheurs ont tenté de découvrir combien d’amis nous avions réellement et les résultats de ces quelques études risquent d’en décevoir plus d’un…

Quand la science s’en mêle

Partant du principe simple qu’une situation ne peut être considérée réelle qu’à condition que toutes les parties doivent avoir été entendues et analysées, Alex Sandy Pentland et son équipe de chercheurs du MIT ont regroupé 84 étudiants qui suivaient un même cours de gestion d’entreprise pour évaluer leurs liens d’amitié.

Ainsi, les 84 participants âgés de 23 à 38 ans ont dû classer leurs camarades selon le degré de proximité, sur une échelle de 0 (qui signifie « je ne connais pas du tout cette personne ») à 5 (qui signifie « cette personne fait partie de l’un(e) de meilleur(e)s ami(e)s »).

Contre toute attente, si 94 % des sujets pensaient que leur amitié était réciproque, les résultats ont démontré que ce n’était le cas que pour 53 % d’entre eux.

En d’autres termes, seulement la moitié de ceux avec qui ils pensaient être amis les considèrent véritablement en temps que tel.

Si l’échantillon (84 personnes) qui a permis cette analyse peut paraître moindre, il faut savoir que plusieurs autres études ont été faites dans ce sens au cours des dernières années, notamment une qui a analysé les liens d’amitié de près de 92 000 personnes : tout comme l’étude du MIT, celle-ci a prouvé qu’une amitié n’était réciproque qu’une fois sur deux également, voire une fois sur trois dans certains cas.

Amanda Venner. Flickr.

Un peu, beaucoup, à la folie, passionnément, pas du tout

Au regard de ces résultats, la question qui se pose alors est celle de savoir pourquoi il existe une telle différence entre la perception et la réalité des liens amicaux.

Selon Alex Sandy Pentland, il s’agit avant tout de la définition de l’amitié qui diffère d’un sujet à un autre.

Ainsi, Kate Murphy déclare : « Demandez aux gens de définir l’amitié, même à des chercheurs qui l’étudient, et vous aurez un silence inconfortable suivi d’un “euh” “

Pour éviter toute confusion, il est donc primordial de revoir notre propre définition de l’amitié, en différenciant ainsi les vrais amis des simples connaissances.

À ce propos, Ronald Sharp, auteur du livre ‘The Norton Book of Friendship’ explique : ‘les amis sont les gens que vous prenez le temps de comprendre et à qui vous permettez de vous comprendre.’ : ici, apparaît donc essentiel que toute vraie amitié est forcément basée sur la communication et la sincérité.

Seulement, compte tenu de l’époque dans laquelle nous vivons, les réseaux sociaux font que nos amitiés se veulent de plus en plus instrumentalisées et moins authentiques : ainsi, l’anthropologue et biologiste de l’évolution britannique Robin Dunbar a prouvé via une étude que nous n’avions probablement qu’entre 4 et 5 vrais amis, contre une moyenne de près de 128 amis sur les réseaux sociaux.


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