Depuis que Dame nature existe, les créatures étranges qui peuplent la Terre se recensent par milliers : qu’elles soient naturellement singulières ou le fruit de mutations génétiques diverses, elles intriguent autant qu’elles surprennent.

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De la fourmi panda à la mite caniche en passant par le diable cornu, elles semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction pour la plupart.

Et à ce propos, un scientifique a photographié une araignée bien particulière il y a un an : si son corps est tout ce qu’il y a de plus commun, sa tête en revanche est bien différente de tout ce que nous pouvions imaginer jusqu’à présent…

Un animal curieux, mais pas inconnu

Le 11 juillet 2017, le chercheur en Sciences naturelles équatorien Andreas Kay, en expédition dans la forêt amazonienne, est tombé nez à nez avec un minuscule arachnide qu’il n’a évidemment pas manqué de photographier.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, il ne s’agit en aucun cas d’un panel d’images photoshopées ou d’un canular, mais bien d’un arachnide à tête de chien, de loup ou… de lapin noir.

En s’intéressant de plus près aux photos du chercheur, on y voit clairement deux grandes oreilles fièrement dressées, un pelage noir, des yeux jaunes, un museau noir, et on a même l’impression que l’on peut y distinguer une petite partie de l’intérieur de sa gueule.

Rassurez-vous cependant, cet animal qui se nomme Metagryne bicolumnata (surnommé « Harvestman ») ne mesure pas plus de 2 ou 3 cm et existe depuis quelque temps déjà : d’après la communauté scientifique, l’araignée est apparue il n’y a pas moins de 400 millions d’années, soit bien avant que les dinosaures ne peuplent la planète bleue…

Découverte à la fin des années 1950, nous savons que malgré les apparences, Harvestman n’est pas réellement une araignée : en fait, l’espèce fait partie de la famille des Opiliones (un genre d’arachnides à part entière) et se veut totalement inoffensive.

Une drôle de tête, mais loin d’être inutile

N’étant pas dangereuse, que ce soit pour l’homme ou pour l’animal, Harvestman est une proie extrêmement facile à chasser : en effet, elle ne possède ni glandes venimeuses ni crocs pour pouvoir se défendre.

D’après la théorie d’Andreas Kay, si l’arachnide arbore une tête aussi terrifiante, c’est justement un coup de pouce de la nature pour éloigner les prédateurs, parmi lesquels on retrouve d’ailleurs nos « amies » les araignées.

Protubérant et trompeur, il paraît ainsi bien plus volumineux que ne le sont ses pattes frêles et on ne peut plus fines.

Les deux grandes oreilles pointues font en réalité partie de son abdomen et les deux taches jaunes ne servent qu’à feinter ses ennemis : ses vrais yeux sont en fait ce qui ressemble aux narines du museau.

Malheureusement, les chercheurs n’en savent pas davantage sur ce petit arachnide, malgré ses millions d’années d’existence, si ce n’est que « Harvestman se trouve généralement sous des billots et des rochers, préfère les habitats humides, a souvent de longues pattes flexibles et ne produit pas de soie. »

À vrai dire, la littérature scientifique ne s’est jamais vraiment penchée sur son comportement et ses habitudes, comme le fait remarquer l’écrivain scientifique américain Ferris Jabr : « Pourquoi a-t-il évolué pour ressembler à cela ? Ce n’est pas vraiment connu. Ce pourrait être une adaptation antiprédation, avec des paupières et de fausses cornes, ou un ornement utilisé pour l’accouplement. Peut-être est-ce une condition naturelle voulue uniquement pour voir le regard [étonné] se former sur nos visages ? »


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