Les gens boivent souvent par plaisir, par habitude ou parfois pour oublier leurs soucis. Ces derniers savent pertinemment que cela pourrait leur faire perdre la tête, et c’est justement le but ! Se soûler jusqu’à l’évanouissement est sans doute arrivé à beaucoup d’entre nous, au moins une fois, mais savons-nous vraiment ce que cela peut impliquer ?

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Certains diront que c’est une simple gueule de bois, sans conséquence, qui n’ira pas plus loin qu’une méchante migraine, au réveil. Pourtant cette situation, apparemment anodine, pourrait s’avérer bien plus grave, selon une nouvelle étude.

Un verre de trop et c’est la folie

En effet, après l’analyse des effets de la consommation abusive d’alcool sur plus d’une centaine de milliers de personnes, les chercheurs ont affirmé que l’état d’ivresse est susceptible de provoquer la démence sur le long terme.

L’épidémiologiste Mika Kivimaki, de l’University College London et son équipe estiment que ce genre d’habitude risque de causer des dommages irréversibles au système nerveux.

Dans l’expérience qu’ils ont menée, ils se sont intéressés aux 96 000 participants ayant avoué avoir déjà perdu conscience, après avoir abusé de la boisson. Ce qu’ils ont en conclu est assez alarmant !

Les résultats de l’enquête, rapportés dans JAMA Network Open, suggèrent qu’une déficience cognitive peut survenir, suite à un malaise lié à une ébriété excessive, même si elle est singulière. Cela signifie que les buveurs un peu plus raisonnables ne sont pas sujets aux mêmes troubles que les ivrognes. Ce risque est d’autant plus élevé qu’il met en danger toutes les catégories de gens, indépendamment de leur âge ou de leur sexe.

La limite imposée par le gouvernement britannique étant de 14 unités d’alcool par semaine, tout dépassement de cette barrière met le consommateur en grand danger.

Bien entendu, il n’y a aucune garantie réelle que ces « soulards » développeront, un jour, une personnalité démentielle, mais les scientifiques affirment qu’ils ont bien plus de chance (1,2) d’avoir un tel comportement que leurs semblables, qui ne vont aussi loin.

Public Domain/Pikist

Un mécanisme bien plus complexe

Par ailleurs, les médecins sont persuadés qu’un autre facteur non négligeable entre en compte dans cette équation ; un certain processus biologique.

Ils expliquent comment une personne alcoolique peut souffrir de lésions cérébrales entrainées par l’endommagement des neurones. Cela peut généralement se produire lorsque l’éthanol réussit à déjouer les défenses hémato-encéphaliques.

Ce type d’intrusion neurotoxique est en fait favorisé par l’excès de glutamate, très nocif pour les cellules du cerveau, qui connaît alors, une activation démesurée des récepteurs N-méthyl-d-aspartate.

Il est clair que les soirées particulièrement bien arrosées ne sont pas seulement une source d’amusement, mais aussi parfois le premier pas vers un long chemin sans issue ; au-delà d’une altération aigüe de la conscience, les experts mettent en garde contre d’autres complications telles que le diabète, les infections hépatiques, rénales ou les maladies coronariennes.

Quoi qu’il en soit, on ne doit pas s’attendre à voir l’abstinence devenir soudain un code d’honneur auprès des lecteurs potentiels de ce document, mais ils sauront au moins que le fait de se soûler, non seulement n’estompera pas leur chagrin, mais qu’en plus, il pourrait leur coûter très cher !


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