Le monde des animaux regorge de mystères et de phénomènes aussi incroyables les uns que les autres. Il est tout à fait fascinant d’admirer des créatures sous-marines évoluer dans leur milieu naturel, mais qu’en penseriez-vous si l’une d’entre elles se mettait un jour à marcher sur la terre ferme ? Vous vous diriez probablement que c’est impossible, ou vous mettriez en doute vos capacités visuelles.

Pourtant, ce serait loin d’être une première dans le genre, et les premiers essais remontent à 430 millions d’années, environ. Les biologistes sont tout à fait intrigués par cette faculté naturelle dont jouissent beaucoup de poissons et ont tenté d’en savoir plus sur le sujet.

Si l’on se réfère à l’Histoire, c’est en 1985 que les scientifiques ont fait cette découverte étonnante du Cryptotora thamicola, ou poisson des cavernes grimpant en cascade, sous la province thaïlandaise de Mae Hong Son.

Celui-ci avait l’habitude « d’escalader » les rochers pour se déplacer dans la grotte qui lui servait d’habitat. Cela l’aidait à racheter son handicap visuel.

Le bassin du poisson-ange des cavernes ressemble davantage à celui de certains amphibiens, ce qui lui permet d’avoir une allure de salamandre.
Vidéo de Zachary Randall/Florida Museum

Dans ce sens, une étude menée en 2016 explique que C. thamicola est doté d’une grande ceinture pelvienne, lui permettant d’avancer exactement comme n’importe quel animal terrestre, à une petite différence près ; les pattes sont remplacées par des ailerons. Par ailleurs, la forme de son bassin lui offre la démarche d’une salamandre.

Pour sa part, Zachary Randall du Florida Museum a soulevé un point assez pertinent concernant l’anatomie du poisson des cavernes ; à savoir si elle était originelle, ayant des antécédents chez d’autres espèces de la même famille ou si elle avait été acquise pour des besoins fonctionnels purs.

Pour en avoir le cœur net, Randall et ses collègues se sont penchés sur le plus proche parent du poisson ; les loches des collines. Une analyse de leurs structures osseuses, publiée dans le Journal of Morphology, a révélé que 10 d’entre eux avaient les mêmes ceintures pelviennes les maintenant debout, une fois hors de l’eau.

L’expert note, toutefois, que ces données remettent en question la théorie selon laquelle le poisson-ange des cavernes n’a pas son pareil dans tout l’écosystème. Elles mettent également l’accent sur la présence, jusque là, sous-estimée, des ceintures pelviennes chez les loches des collines.

Bien que l’homaloptera bilineata n’ait pas le bassin robuste du poisson-ange des cavernes, Randall l’a observé en train d’utiliser ses nageoires pour se propulser vers l’avant. La mesure dans laquelle il peut marcher est encore inconnue.
Zachary Randall/Musée de Floride

Nous pouvons citer Homaloptera bilineata, qui peut, grâce à ses nageoires, se projeter vers l’avant. Randall, qui a observé ce petit exploit, ignore cependant, si la créature peut aller jusqu’au bout, et marcher ! Bien entendu, cela ne remet pas en doute l’importance d’une caractéristique aussi rare, d’autant plus qu’il n’existe qu’une centaine de loches des collines dans la nature.

Selon Callie Crawford, auteure principale de la recherche, les loches ont une aptitude commune extraordinaire qui les aide à s’accommoder de n’importe quelle situation environnementale aussi extrême soit-elle.

Le Cryptotora thamicola vient encore une fois de nous rappeler que nous sommes loin de tout savoir sur le domaine de la biologie et encore moins sur celui des animaux. Si les poissons ont appris à marcher, cela veut dire que le monde, tel que nous le connaissons, ne sera plus jamais le même.


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