Nous ne sommes pas sans savoir que la vie aujourd’hui ne serait pas sans le pouvoir incroyable de l’évolution des espèces vivantes.

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Pour manger et se protéger, sans pour autant servir de mets aux prédateurs les plus affamés, les animaux n’avaient d’autre choix que de développer des capacités spectaculaires.

À la fois effrayantes, mais tout aussi étonnantes, celles-ci sont une source d’inspiration pour de nombreux artistes et inventeurs. Sans quoi, les bandes dessinées et autres produits dérivés n’auraient probablement jamais vu le jour…

8 – Le bousier

Le bousier
Bernard DUPONT/Flickr

Les bousiers sont des insectes coléoptères dits « coprophages ». Cela signifie qu’ils se nourrissent principalement de fumier (engrais à base de litières et d’excréments d’animaux). Les champignons, les fruits et feuilles en décomposition font aussi partie de leur alimentation particulièrement repoussante pour nous autres humains.

Ces scarabées se rencontrent sur tous les continents, à l’exception de l’Australie, et c’est grâce à leur odorat qu’ils arrivent à détecter la bouse qui les garde en vie. Mais aussi surprenant cela puisse paraître, le repas n’est pas de suite entamé : l’animal commence par rassembler les excréments, puis les façonne en pelotes sphériques avant de les rouler en utilisant ses pattes antérieures. Ce comportement n’est pas vide de sens. Bien au contraire, il lui permet, peu importe les obstacles croisés, de se déplacer rapidement vers un lieu sûr, loin de ses semblables, qui parfois n’hésitent pas à lui voler le morceau de fèces durement récolté.

Transporter de la nourriture et la mettre à l’abri n’est pas hors du commun, certes, mais soulever des pattes ou pousser une masse équivalente à 1141 fois son poids n’est pas donné. En effet, cela est comparable à un homme moyen tirant — à lui seul — 6 autobus à impériale remplis de monde… Chose relevant clairement de l’impossible

Ce n’est pas tout, en plus de sa force qui le caractérise des autres bestioles, le bousier est le seul insecte connu capable de s’orienter à l’aide des étoiles brillantes.

En outre, les espèces africaines « Scarabaeus zambesianus “se frayent un chemin selon les modèles de polarisation du clair de lune.

7 – Turritopsis dohrnii, la méduse invincible

Méduse immortelle / Turritopsis dohrnii
Anamachado95/Flickr

« Planula » une minuscule larve nageant librement. C’est ainsi qu’elle est nommée au tout début de sa vie. De celle-ci nait ce qu’on appelle des ‘polypes’ qui sont à proprement parler des clones (génétiquement, ils sont identiques). Ces derniers, à leur tour, développent une forme très ramifiée dont se détachent des méduses pour continuer leur vie en nage libre et finalement devenir aptes à la procréation.

Même si la plupart des méduses ont une durée de vie limitée, Turritopsis dohrnii qui ne fait que 1 cm de diamètre est biologiquement immortelle ; exposée à un stress environnemental, à une agression physique, tombant malade ou prenant de l’âge, elle a la capacité saisissante de revenir au stade de polype. Ceci est possible grâce au processus de développement cellulaire de la transdifférenciation, qui modifie l’état différencié des cellules et les transforme en de nouveaux types de cellules.

Vu d’un angle théorique, ce processus peut se poursuivre indéfiniment. Sauf, bien sûr, dans le cas où l’hydrozoaire est chassé et mangé par des prédateurs, ait attrapé une maladie au stade de la méduse, ou est accidentellement ou volontairement éliminé.

6 – Les myxines

myxine
jonadin93/Flickr

Animal aquatique anguilliforme très ancien, la myxine n’a ni colonne vertébrale ni mâchoire et se nourrit de poissons et d’autres organismes marins sans vie.

Dotées d’un mécanisme de défense ingénieux, ces créatures ondulantes sécrètent à profusion une ‘bave’ épaisse et gluante lorsqu’elles sont menacées.

Le mucus, fait de fibres plus minces que la largeur d’un globule sanguin, et aussi solides que le kevlar, agit sur les branchies de l’ennemie, rendant la respiration extrêmement difficile chez celui-ci et permettant à la myxine de se dérober.

Douglas Fudge, Professeur associé et Expert en biologie marine de l’Université Chapman, en Californie, a découvert que ces mêmes fibres sont étroitement enroulées, telle une boule de laine, à l’intérieur de minces membranes cellulaires. Quand ces membranes sont mélangées à de l’eau, elles éclatent — plus vite qu’aucune substance connue — et les fibres se déroulent.

Ainsi, la masse du liquide visqueux peut faire près 10 000 fois sa taille initiale, formant jusqu’à 20 litres de matière collante et gélatineuse.

Accident de route avec un camion rempli de myxines.
Accident de route avec un camion rempli de myxines. Oregon State Police.

À la suite d’un accident impliquant un camion transportant un grand nombre de myxines, le 14 juillet 2017, sur une autoroute de l’État de l’Oregon, une voiture s’est retrouvée couverte de bave de myxine, créant de ce fait, l’un des embouteillages les plus étranges de l’Histoire.

5 – L’addax, le bovidé coloré

Antilopes Addax
Ed_needs_a_bicycle/Flickr

Espèce rare d’antilopes, l’addax ou « antilope à nez tacheté » a remarquablement su s’adapter aux dures conditions du désert saharien.

En plus d’avoir appris à creuser des cuvettes dans le sable, pour s’abriter du vent et des rayons du soleil, il a l’aptitude de changer, par lui-même, la couleur de sa crinière, à chaque début de saison. Du blanc, en été (refléter la chaleur), au gris brun en hiver (se garder au chaud), en passant par un jaune très clair, il faut dire qu’il n’a pas perdu de temps…

En plus de ces caractéristiques inimitables, son manteau s’épaissit pour le protéger des temps glaciaux, et ses sabots, devenus larges et plats sur le fond, au fil des années, l’aident à marcher dans le sable sans sombrer, tout en limitant sa capacité à courir.

Il est à noter que mâles et femelles possèdent des cornes contrairement à d’autres spécimens, ce qui rend ces antilopes difficiles à distinguer.

4 – Le Saumon

Saumon
BLMOregon/Flickr

Les salmonidés forment une famille de poissons quelque peu particulière. Ils naissent en eau douce, près des sources, puis descendent instinctivement jusqu’à la mer où ils vivent 1 à 3 ans, avant de retourner dans le fleuve dans lequel ils ont éclos. Ce phénomène est appelé ‘Homing ‘.

Leur migration est l’une des plus extrêmes du règne animal. En effet, ils se trouvent contraints à nager des centaines de kilomètres, sans se nourrir. Le voyage leur coûte pratiquement toute leur énergie.

Les capacités d’orientation du saumon ont surpris plus d’un, et ce depuis très longtemps. Il semble qu’en mer, ce dernier, tout comme certains poissons ainsi que les tortues de mer, puisse s’orienter grâce au magnétisme terrestre.

En 1973, des chercheurs ont pu démontrer que le saumon de l’Atlantique présentait des réponses cardiaques conditionnées aux champs électriques analogues à celles observées dans les océans.

Plus probant encore, en 1988, d’autres spécialistes ont découvert que le crâne du saumon nerka, ou saumon rouge, contenait des quantités de fer sous forme de magnétite qui agissent comme l’aiguille d’une boussole. Le terme qui renvoie à ce sens est « magnétoréception ».

En outre, l’odorat joue également un rôle important dans les aventures de ces animaux qui, clairement, n’ont peur de rien.

3 – Opossum d’Amérique

Oppossom
Btrentler/Flickr

De son nom binominal « Didelphis virginiana« , ou plus communément nommé Opossum ou Sarigue de Virginie, ce petit marsupial à la fourrure douce et soyeuse n’est pas aussi fragile qu’on pourrait le penser.

Il se fierait des renards, des coyotes, des chiens et des humains, qui lui sont dangereux, mais rien ne l’arrête devant les animaux les plus pernicieux, à savoir les abeilles, les scorpions et même les serpents. Son corps est capable de détecter et neutraliser le venin de ces animaux pour assurer sa survie.

The Journal of Venomous Animals and Toxins a révélé que cet opossum produisait une protéine connue sous le ‘Facteur Léthal Neutralisant les Toxines’. Celle-ci signifie exactement ce qu’elle nous laisse comprendre par son nom.

Après des études prononcées, les experts dans le domaine ont, à leur grande surprise, montré que non seulement ils étaient capables de s’auto-immuniser contre les venins de serpents endémiques, mais pire encore, cela s’appliquait à d’autres reptiles, originaires de continents différents, dont : les cobras de Thaïlande, le Taïpan du désert (Australie) le Crotale cascabelle (Brésil)

Afin de vérifier si la protéine LTNF agirait sur d’autres organismes, les scientifiques l’ont injecté à des souris. Ils ont en conclu que cette dernière pouvait diffuser le poison, sans pour autant en être affectée.

2 – Le poisson cardinal

Un poisson qui crache de la lumière
BBC/Notcot

Il est translucide et se nourrit involontairement d’ostracodes, des crustacés microscopiques dits bioluminescents (organismes qui laissent émaner différentes couleurs de lumière).

Une fois avalés, c’est le début d’un beau spectacle ; le poisson cardinal s’illumine et laisse s’échapper du bleu, lumière se déplaçant plus loin dans les profondeurs marines que toute autre couleur. Gros souci, cela attire bien des ennemis, dont le Calmar géant qui peut détecter tout ce qui est luminant à des centaines de mètres de sa position.

La lumière bleue est le résultat d’un type d’explosion causée par l’ostracode dont le but n’est autre que de se sauver la vie. Le repas du poisson (donc le crustacé) est recraché par ce dernier, ce qui donne l’impression qu’il est en train d’expulser une flamme bleuâtre.

De nombreux animaux produisent de la lumière qu’ils utilisent de différentes manières, mais surtout de façon défensive. Si bien que les spécialistes affirment qu’il s’agit de la forme de communication la plus importante et la plus utilisée sur Terre.

Finalement, regarder un poisson vomir n’a jamais été aussi sympa, il faut croire…

1 – La grenouille poilue

Grenouille poilue
Wikipedia Commons

Unique représentant du genre Trichobatracus, Trichobatracus robustus est une espèce d’amphibiens issus des basses terres de l’Est du Nigéria au Kongo-Central, du Cameroun, de Guinée équatoriale, et du Gabon.

Ce sont des biologistes de l’Université de Harvard qui ont décrit cette grenouille peu commune, velue le long des flancs et des cuisses, mais pas que ; elle possède en plus, des griffes extensibles qui sont produites à partir de ses os qu’elle brise énergiquement, sans doute lorsqu’elle se sent en danger.

David Blackburn et ses collègues du Museum of Comparative Zoology jugent que cet agissement excessif appartient à un mécanisme de défense.

Chez certaines salamandres, des barbes protectrices (leurs propres côtes) viennent traverser de force la peau devant un prédateur, mais rien de tout à fait similaire à ce mécanisme n’a été observé jusque-là.

‘Il existe d’autres spécimens aux épines osseuses qui sortent de leur poignet, mais chez ces espèces, il semble que les os se développent à travers la peau plutôt que de la percer quand cela est nécessaire pour se défendre. ‘déclarent les chercheurs.

Au repos, les griffes de T. robustus — qui ne se trouvent que sur les pattes postérieures — sont nichées dans une masse de tissu conjonctif. Un morceau de collagène forme un lien entre la pointe acérée de la griffe et un petit morceau d’os à l’extrémité du bout de la grenouille.

L’autre extrémité de la griffe est connectée à un muscle et les scientifiques pensent que quand l’animal est attaqué, il contracte ce muscle qui tire la griffe vers le bas. La pointe tranchante se détache ensuite de la pointe osseuse et coupe le coussinet pour le pied en émergeant sur le dessous.

Le résultat final peut ressembler à une griffe de chat, mais le mécanisme de brisure et de coupe est très différent et unique parmi les vertébrés

Au Cameroun, ces amphibiens sont grillés et consommés par certains villageois ; l’astuce est d’utiliser de longues lances pour les chasser, évitant dans ce cas d’être leur potentiel centre d’intérêt.


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