Tout le monde a plus ou moins connu, durant les différentes périodes de la vie, des difficultés à fermer les yeux ou tout simplement, à profiter d’une nuit complète de sommeil. Si ce désagrément est passager et tout à fait naturel pour beaucoup d’entre nous, il faut savoir que près de 770 millions d’individus souffrent d’insomnie chronique dans le monde.

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Bien qu’elle soit souvent associée à des paramètres psychologiques, il est fort possible que l’état de veille soit en liaison avec l’hérédité.

ADN et sommeil vont de paire

Afin de découvrir l’emplacement des gènes provoquant l’insomnie dans le cerveau et de connaître leur mode d’action, un groupe important de scientifiques a été le premier à rassembler des informations relatives à l’ADN et au sommeil. En effet, il s’agit là de la plus grande base de données jamais réalisées.

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Partant de ce fait, deux nouvelles études se sont concentrées sur les déclencheurs du trouble. Sous la direction de la Faculté de Médecine de l’Université d’Exeter et Massachusetts General Hospital, la première a commencé par l’examen des éléments de la Biobanque britannique.

Ainsi, sur près d’un demi-million d’individus, 57 régions génétiques sont mises en cause.

D’autre part, elle a permis l’établissement d’un lien possible de causalité entre l’état de veille et la maladie coronarienne ouvrant la voie à un traitement pour les deux affections.

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« Toutes ces régions identifiées sont de nouvelles cibles thérapeutiques possibles. 16 d’entre elles sont connues », explique Jacqueline Lane, l’une des scientifiques du Massachusetts General Hospital.

Par ailleurs, la seconde analyse a étendu son échantillonnage sur une population plus vaste, soit près de 1,3 million de personnes en prenant en considération le même paramètre à savoir l’ADN et les caractéristiques du sommeil.

En comparaison avec la première, 202 régions héréditaires sont associées au trouble et ont permis d’identifier 956 gènes spécifiques incriminés au risque d’insomnie.

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Jacob Stewart, Flickr

Des recherches approfondies

Grâce aux résultats obtenus, les experts ont élargi leur étude aux types de cellules cérébrales, aux zones ainsi qu’aux processus biologiques afin de mieux comprendre les mécanismes qui sous-entendent le trouble.

De plus, les chercheurs ont dévoilé qu’une partie de ces gènes jouait un rôle important dans la fonctionnalité des axones tandis que l’autre avait une activité assez importante dans le cortex frontal et les noyaux sous-corticaux du cerveau.

En outre les zones du centre nerveux, certaines des personnes atteintes semblaient suspectes à travers les imageries cérébrales effectuées rendant les résultats obtenus plus cohérents.

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Il semblerait que le fondement génétique de l’insomnie est lié à des problèmes psychiatriques tels que l’anxiété et la dépression.

« Notre étude montre que l’insomnie, comme d’autres troubles neuropsychiatriques, est influencée par des centaines de gènes, chacun ayant un effet mineur », explique Danielle Posthuma, Professeur de génétique à Amsterdam.

Selon Eus Van Someren, de l’Institut néerlandais des Neurosciences, il faudrait se focaliser sur les circuits qui régulent les émotions, le stress et les tensions plutôt que les orienter vers ceux qui régissent le sommeil.

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Cependant, de manière réaliste, plusieurs années de travaux sont nécessaires avant la mise au point d’un nouveau traitement clinique efficace vu la grande diversité des gènes associés à l’affection.

Mais, à court terme, ces études font de l’insomnie chronique un désordre réel et tangible et pas seulement un simple effet secondaire d’une perturbation liée au stress.

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